CAN 2028 : l’Algérie préfère l’inaction et regarder les autres briller

CAN 2028 : l’Algérie préfère l’inaction et regarder les autres briller

L’Algérie, ancienne terre de gloire footballistique, championne d’Afrique 1990 et organisatrice la même année, vient d’enterrer officiellement toute idée de candidature pour la CAN 2028. Pas de dossier déposé, pas de lobbying, pas d’annonce tonitruante. Après la dernière réunion du Comité exécutif de la CAF, où l’attribution de l’édition 2028 a été une nouvelle fois reportée faute de candidats solides et prêts, l’Algérie brille… par son absence totale.

On connaît le refrain officiel : « On privilégie la reconstruction de l’équipe nationale, la formation des jeunes, le développement des clubs sur la scène africaine. » Des priorités légitimes, personne ne le conteste. Mais soyons honnêtes : refuser une CAN en 2028, c’est refuser le plus puissant accélérateur possible pour ces mêmes chantiers. Une organisation continentale, c’est des investissements massifs forcés dans les infrastructures, un élan national, une visibilité planétaire, un coup de fouet aux académies, aux sponsors, à la professionnalisation. Au lieu de saisir cette opportunité pour propulser le football algérien, on préfère le faire avancer en mode diesel, à petit feu, loin des grands rendez-vous.

La réforme CAF ? Trop contraignante avec son calendrier resserré. Les coûts ? Trop exorbitants. Les risques de couacs organisationnels ou arbitrales ? Trop lourds à porter. Chaque argument est recevable… jusqu’à ce qu’on réalise que d’autres pays, avec moins de moyens ou d’expérience passée, osent quand même se lancer. L’Algérie, elle, transforme chaque exigence en mur infranchissable. La « pause stratégique » devient synonyme de statu quo confortable.

Ce choix a un goût amer : une nation qui se rêvait leader incontesté du continent se contente désormais de jouer les observateurs. Les grandes puissances historiques peuvent céder la place ; les outsiders ambitieux s’emparent du devant de la scène. À force de calculer, de temporiser, de craindre l’échec, on dilapide ce qui faisait notre force : l’audace, l’influence, le prestige.

Le football africain ne s’arrête pas. Les calendriers s’accélèrent, les ambitions explosent, les projecteurs s’allument ailleurs. Et nous ? On reste assis sur le banc, à commenter les exploits des autres, à critiquer que le train passe.

La prudence, c’est respectable… jusqu’à ce qu’elle devienne une excuse pour ne plus rien risquer. L’Algérie mérite mieux que ce rôle de spectateur passif. Pour redevenir grand, il faut d’abord oser se mettre en jeu. Pas juste regarder les autres jouer.

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