L’ayatollah Khamenei dans un bunker souterrain : la crainte d’une attaque américaine grandit t elle ?

L’ayatollah Khamenei dans un bunker souterrain : la crainte d’une attaque américaine grandit t elle ?

L’ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique depuis 1989, ne se montrerait plus en public depuis plusieurs semaines. Selon plusieurs sources concordantes, il aurait été transféré dans un bunker souterrain sécurisé à Téhéran (probablement dans la zone de Lavizan) depuis mi-janvier, face à la crainte d’une frappe américaine ciblée. Cette information, qui circule depuis le 24 janvier 2026, n’est pas une simple rumeur isolée : elle repose sur des récits cohérents issus de sources proches du régime, relayés par un média d’opposition bien introduit.

L’information provient initialement d’Iran International (média d’opposition exilé basé à Londres, connu pour ses sources internes anonymes au sein des cercles du pouvoir), reprise ensuite par des dizaines de médias internationaux de renom. Le motif invoqué est clair, une évaluation interne des Gardiens de la révolution et des hauts responsables de la sécurité aurait jugé le risque d’assassinat « élevé » après les menaces répétées et publiques de Donald Trump. Le bunker est décrit comme un complexe fortifié avec des tunnels interconnectés, conçu pour résister aux frappes aériennes et aux missiles, et situé potentiellement à au moins 90-100 mètres sous terre (plus protégé encore que le site nucléaire de Fordo, selon certaines descriptions).

Son fils cadet, Masoud Khamenei (53 ans), aurait pris en main la gestion quotidienne du bureau du Guide suprême et servirait de principal canal de communication avec le président Masoud Pezeshkian, le gouvernement, les branches exécutives et les forces de sécurité. Ce transfert de responsabilités opérationnelles est présenté comme une mesure d’urgence pour assurer la continuité du commandement en cas de crise prolongée ou d’attaque. Masoud, un religieux chiite discret qui travaillait déjà en coulisses au sein du Beit-e Rahbari (le bureau du Guide), n’est pas un inconnu des cercles du pouvoir, mais son rôle aussi central est inhabituel et marque une consolidation familiale du pouvoir en période de haute tension.

Ce scénario n’est pas inédit , Khamenei avait déjà été évacué dans un bunker similaire (notamment à Lavizan, au nord-est de Téhéran) lors de la guerre de 12 jours contre Israël en juin 2025, avec sa famille proche (y compris d’autres fils comme Mojtaba). La différence cette fois-ci réside dans le contexte : pas de conflit armé ouvert, mais une combinaison explosive de révolte intérieure massive et de pression militaire extérieure américaine. Le régime dément ou minimise : un consul iranien à Mumbai a qualifié l’histoire du bunker de « rumeur exagérée », affirmant que le Guide bénéficie simplement d’une « sécurité renforcée ». Aucune photo ou apparition publique récente de Khamenei n’a été diffusée pour infirmer ou confirmer, ce qui alimente les spéculations.

Parallèlement, la situation militaire renforce la crédibilité du récit. Le porte-avions USS Abraham Lincoln et son groupe de combat ont été redirigés vers le golfe Persique et la zone CENTCOM, avec Trump déclarant ouvertement : « Nous avons une grande flottille qui se dirige vers l’Iran… au cas où ». Les préparatifs pour une opération sont terminés selon des sources anonymes, même si aucune décision finale de frappe n’est confirmée. Trump a multiplié les avertissements : il a revendiqué avoir empêché l’exécution de 800 manifestants, appelé à un « changement de leadership » en Iran, et qualifié Khamenei de « malade qui doit arrêter de tuer son peuple ».

Tout cela s’inscrit dans un contexte de crise interne sans précédent. Les manifestations ont éclaté le 28 décembre 2025 sur fond d’effondrement économique (rial en chute libre, inflation galopante), avant de virer à une révolte anti-régime ouverte avec des slogans comme « Mort au dictateur » ou « Khamenei assassin ». Le black-out internet quasi-total (du 8 au 25 janvier environ) a permis une répression féroce : ordres de tir à balles réelles donnés par Khamenei lui-même via le Conseil suprême de sécurité nationale, selon des fuites. Le bilan officiel iranien fait état d’environ 3 100 morts (beaucoup qualifiés de « martyrs » ou d’« émeutiers » incités par les USA/Israël). Les ONG et l’opposition (Iran Human Rights, HRANA, Iran International) parlent de plusieurs milliers à plus de 20-30 000 tués, avec des massacres pendant le blackout. L’internet revient par intermittence depuis fin janvier, mais les autorités craignent une nouvelle vague de contestation.

Les prochains jours, avec le retour progressif d’Internet et les possibles mouvements US, pourraient apporter des réponses plus claires. En attendant, Téhéran tremble – et le monde regarde.

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