Un jeune homme demande la prison pour fuir ses problèmes familiaux

Un jeune homme demande la prison pour fuir ses problèmes familiaux

Dans un incident bizarre qui a secoué le tribunal de Sidi M’hamed à Alger, un jeune Algérien dans la vingtaine s’est rendu volontairement au commissariat, porteur de 25 comprimés de psychotropes, pour formuler une requête pour le moins singulière : être envoyé en prison.

Le jeune homme a déclaré aux enquêteurs avoir acquis ces substances prohibées uniquement dans le but d’être interpellé et incarcéré. Pour lui, la cellule représentait un abri provisoire face à des tensions familiales devenues insupportables et à une détresse psychologique qu’il ne parvenait plus à contenir au quotidien.

Devant le tribunal de Sidi M’Hamed, il a réitéré sa demande d’une peine de prison ferme. Le juge a pourtant refusé cette option inhabituelle et l’a condamné à une simple amende pour détention de psychotropes destinés à la consommation personnelle.

Cette affaire, aussi marginale soit-elle, met en lumière une réalité sociale alarmante chez une frange de la jeunesse algérienne. Quand l’enfermement carcéral apparaît, aux yeux de certains, comme un moindre mal comparé à la violence ou à l’étouffement du foyer, cela interroge profondément l’état de nos structures familiales et le manque criant d’accompagnement psychologique accessible. La presse locale, souvent frileuse sur ces sujets qui dérangent, se contente généralement de relater les faits bruts sans creuser les causes profondes ni questionner l’absence de dispositifs de soutien social ou thérapeutique dignes de ce nom pour ces jeunes en perdition. Une amende au lieu d’une peine de prison peut sembler clémente, mais elle laisse intact le désarroi d’un individu qui en est réduit à mendier l’incarcération pour respirer.

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