Scandale Imane Khelif : championne olympique grâce à une triche hormonale ?
La boxeuse algérienne Imane Khelif, championne olympique en -66 kg aux JO de Paris 2024, est au centre d’une tempête médiatique. Dans un entretien accordé à L’Équipe début février 2026, elle a reconnu posséder le gène SRY sur un chromosome Y et avoir suivi un traitement hormonal avant les compétitions majeures. Objectif : faire chuter artificiellement son taux de testostérone à un niveau extrêmement bas avant le tournoi qualificatif et les Jeux olympiques.
Ces traitements, de type anti-androgènes ou bloqueurs hormonaux, sont qualifiés par ses détracteurs de dopage thérapeutique légal, destiné à la rendre éligible en catégorie féminine malgré une biologie jugée atypique pour ce niveau de compétition.
« Je ne suis pas trans », insiste-t-elle. Mais pour de nombreux observateurs, la question identitaire est secondaire face à l’enjeu central : la biologie sportive. Selon plusieurs spécialistes cités dans le débat, Khelif présenterait une variation du développement sexuel, possiblement une déficience en 5-alpha réductase, caractérisée par un caryotype XY et une exposition précoce aux androgènes. Une configuration susceptible d’entraîner des avantages physiques durables : densité osseuse plus élevée, masse musculaire supérieure, puissance de frappe accrue, des facteurs déterminants dans un sport de combat.
Assignée fille à la naissance et élevée comme telle, elle a bénéficié d’un cadre réglementaire qui lui a permis de concourir en boxe féminine. En 2024, le CIO a validé sa participation sur la seule base de son état civil, sans imposer de tests chromosomiques ou endocriniens approfondis. Une décision qui continue de faire polémique, d’autant que l’IBA avait déjà signalé en 2023 des résultats biologiques jugés incompatibles avec les critères traditionnels de la catégorie féminine.
Depuis 2025, World Boxing a instauré de nouvelles règles : tests génétiques obligatoires (PCR pour le gène SRY) et évaluations médicales complètes. Tant qu’elle ne s’y soumet pas, Khelif reste exclue des compétitions internationales. Elle affirme avoir transmis son dossier médical, sans retour officiel à ce stade, et a engagé un recours devant le TAS/CAS.
Sur le ring, les conséquences sportives ont marqué les esprits : des adversaires contraintes à l’abandon rapide, des combats à sens unique et un sentiment d’injustice chez plusieurs boxeuses. Pendant que Khelif dénonce le harcèlement et la stigmatisation, ses opposants mettent surtout en avant le déséquilibre compétitif et les risques pour l’intégrité physique des athlètes.
Le cœur du débat dépasse désormais son cas personnel : jusqu’où le sport féminin peut-il concilier inclusion, équité et sécurité, lorsque certaines différences biologiques confèrent des avantages structurels difficiles, voire impossibles, à neutraliser par de simples ajustements hormonaux ?
