Inondations meurtrières à plusieurs wilayas : 5 morts et une répression injustifiée des sinistrés
Les pluies diluviennes qui frappent le pays depuis jeudi ont fait cinq victimes, dont trois enfants en bas âge, dans les wilayas de Djelfa, M’Sila et plusieurs localités de l’Est et du Sud. À Djelfa, un petit de deux ans a été emporté par un oued près du barrage d’Oum Eddhrou. À Sidi Aïssa (M’Sila), un garçon de 3 ans et une fillette de 5 ans ont péri dans les crues. Deux adultes ont également trouvé la mort à Wadi Fritis, piégés dans leur véhicule submergé.
Le ministre de l’Intérieur Saïd Sayoud s’est rendu dimanche à Sidi Aïssa pour présenter les condoléances présidentielles aux familles endeuillées et promettre un rapport détaillé ainsi que des « solutions durables ».
Pourtant, au milieu de ce drame, de nombreux habitants déplacés par les inondations dénoncent avec colère l’intervention brutale des forces de l’ordre. Au lieu d’apporter assistance et secours aux familles sans abri, plusieurs témoignages font état de charges musclées, de gaz lacrymogènes et d’arrestations arbitraires contre des sinistrés qui réclamaient simplement un relogement d’urgence ou un minimum d’aide.
Ces méthodes répressives, loin d’apaiser la détresse, ont transformé la douleur en indignation légitime.
Ces inondations récurrentes révèlent une fois de plus l’incapacité chronique à protéger les citoyens face aux caprices du climat. Les alertes météo sont ignorées, les réseaux d’évacuation des eaux restent défaillants et, cerise amère sur le gâteau, l’État choisit parfois la matraque plutôt que la solidarité. Les Algériens attendent des actes concrets, pas des promesses ni des matraquages.
