Pétrole : le marché rebondit sous la pression des tensions géopolitiques avec l’Iran
Mercredi 11 février 2026 – Les cours du pétrole ont repris de la vigueur ce mercredi matin, inversant le léger repli observé la veille. Le Brent de la mer du Nord et le WTI américain progressent modérément, soutenus par une prime de risque géopolitique qui reste élevée malgré les efforts diplomatiques entre Washington et Téhéran.
Vers 11h00 GMT, le baril de Brent (livraison avril) s’échangeait entre 69,60 et 69,80 dollars, en hausse d’environ 0,8 % à 1,3 % par rapport à la clôture du mardi (proche de 69,00-69,20 $). Le WTI (livraison mars) évoluait entre 64,50 et 64,90 dollars, progressant de 0,8 % à 1,5 %.
Cette reprise fait suite à un mardi plus calme, où les prix avaient marqué une pause après la flambée de la veille, déclenchée par un avis de prudence du ministère américain des Transports. Celui-ci recommandait aux navires sous pavillon US de rester à distance des eaux iraniennes, ravivant les inquiétudes sur la sécurité dans le Golfe Persique et le détroit d’Ormuz – corridor vital pour environ 20 % de la production mondiale de pétrole.
Les tensions entre États-Unis et Iran demeurent le moteur principal du marché. Les pourparlers indirects via Oman n’ont pas encore produit de percée décisive. La rencontre de ce mercredi entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est particulièrement surveillée : Netanyahu plaide pour un accord global incluant nucléaire, missiles balistiques et proxies régionaux, tandis que Trump, soucieux d’éviter une flambée des prix avant les élections de mi-mandat fin 2026, privilégie une issue négociée rapide. De son côté, Téhéran a exhorté Washington à résister aux « influences destructrices » susceptibles de faire échouer les discussions.
Malgré ce soutien géopolitique, les fondamentaux exercent une pression baissière sur le moyen terme. L’approvisionnement mondial se normalise progressivement : les incidents de production au Kazakhstan et les perturbations hivernales aux États-Unis s’estompent, les stocks américains augmentent, et l’OPEP+ respecte globalement ses quotas. L’EIA anticipe désormais un Brent moyen à environ 58 dollars en 2026, tandis que BloombergNEF et d’autres analystes tablent sur 55-60 dollars si aucune disruption majeure iranienne ne survient.
À court terme, la volatilité reste élevée. Une escalade – saisie de tankers, déploiement naval accru ou blocage partiel du détroit d’Ormuz – pourrait propulser le Brent vers 75 dollars ou plus. À l’inverse, un signal positif des négociations pourrait ramener les cours vers 65-68 dollars.
Le marché cherche toujours son nouvel équilibre, la géopolitique dicte le rythme quotidien, mais l’abondance structurelle de l’offre suggère un plafonnement, voire un recul, si les tensions s’apaisent.
Les prochains jours seront cruciaux, les déclarations issues de la rencontre Trump-Netanyahu et tout développement sur les pourparlers US-Iran orienteront très probablement la direction des prix.
