Colombie : « J’ai échappé à la mort » Gustavo Petro affirme avoir déjoué une tentative d’assassinat en plein vol

Colombie : « J’ai échappé à la mort » Gustavo Petro affirme avoir déjoué une tentative d’assassinat en plein vol

Le président colombien Gustavo Petro a fait une déclaration choc lors d’une réunion du cabinet le mardi 10 février 2026, retransmise en direct. Il a affirmé avoir échappé de justesse à une tentative d’assassinat la veille, alors qu’il se déplaçait en hélicoptère vers le département de Córdoba, sur la côte caraïbe colombienne. Selon ses propres mots, prononcés devant ses ministres : « J’ai échappé à la mort » a-t-il affirmé, ajoutant que son appareil était la cible imminente d’une attaque armée. D’après son récit, l’hélicoptère présidentiel devait initialement atterrir dans la région de Montería, mais les services de sécurité l’auraient averti qu’un groupe armé s’apprêtait à tirer sur l’appareil au moment de l’atterrissage.

Un élément a particulièrement éveillé la suspicion du chef de l’État : les projecteurs de la zone d’atterrissage ne se sont jamais allumés, un détail qu’il a interprété comme un indice manifeste d’un piège imminent. Alerté de la gravité de la situation, l’équipage aurait alors opté pour une manœuvre d’urgence, renonçant à l’itinéraire initial afin de se diriger vers la haute mer.

L’hélicoptère présidentiel aurait ainsi survolé la mer des Caraïbes durant près de quatre heures, dans ce que Gustavo Petro a lui-même qualifié de fuite improvisée pour échapper à une embuscade mortelle.
« Nous avons pris la mer ouverte pendant quatre heures et je suis arrivé là où je n’étais pas censé aller, en m’échappant de ceux qui voulaient me tuer », a-t-il confié. Le président a en outre précisé qu’il voyageait en compagnie de ses enfants, une circonstance qui, selon ses propres termes, conférait à l’épisode une dimension à la fois tragique et profondément angoissante.

Cette révélation spectaculaire s’inscrit dans un climat sécuritaire particulièrement délétère en Colombie. En dépit de l’accord de paix conclu avec les FARC en 2016, le pays demeure confronté à une recomposition incessante de la violence armée : dissidences de guérillas, groupes paramilitaires, cartels du narcotrafic et organisations criminelles continuent de contrôler de vastes portions du territoire national.

Depuis son accession au pouvoir en août 2022, Gustavo Petro soutient être la cible récurrente de menaces de mort. Il met en cause ce qu’il qualifie de « juntes du narcotrafic », ainsi que plusieurs chefs rebelles, parmi lesquels Iván Mordisco — figure emblématique d’une faction dissidente des FARC — qu’il accuse de chercher à déstabiliser son gouvernement, voire à l’éliminer physiquement.

À ce jour, aucune communication officielle des services de sécurité colombiens n’est venue corroborer ou contredire formellement les faits relatés. Ni la police ni l’armée n’ont confirmé l’existence d’une attaque imminente, et aucune interpellation n’a été rendue publique. L’ensemble de l’épisode repose donc essentiellement sur la parole présidentielle, ce qui ne manque pas d’alimenter interrogations et controverses dans les sphères politiques et médiatiques.

Plusieurs observateurs soulignent d’ailleurs que Gustavo Petro a déjà évoqué, par le passé, d’autres tentatives ou complots présumés, sans que ceux-ci ne donnent lieu à des investigations judiciaires d’envergure. Pour ses soutiens, ces alertes répétées témoignent de la persistance d’un appareil criminel capable de menacer l’État jusque dans ses plus hautes fonctions ; pour ses détracteurs, elles relèveraient aussi d’une rhétorique politique visant à conforter son image de président assiégé.
Sur la scène internationale, cet épisode intervient alors que les relations entre Bogotá et Washington traversent une période de crispation. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a ravivé les divergences stratégiques entre les deux capitales, notamment sur la gestion du narcotrafic et les doctrines sécuritaires. Petro, ouvertement critique à l’égard de l’approche américaine, reproche régulièrement aux États-Unis de privilégier des réponses militarisées qu’il juge inefficaces et contre-productives.

Dans ce contexte, plusieurs analystes estiment que cette affaire pourrait être instrumentalisée par le président colombien afin de renforcer son discours sur les menaces internes et externes pesant sur son pouvoir, à l’approche de l’échéance présidentielle de 2026.

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