Pétrole en légère baisse : le marché suspendu aux négociations nucléaires USA-Iran et aux exercices iraniens dans le détroit d’Ormuz

Pétrole en légère baisse : le marché suspendu aux négociations nucléaires USA-Iran et aux exercices iraniens dans le détroit d’Ormuz

Les prix du pétrole Brent ont connu une légère correction à la baisse en cette fin d’après-midi du 17 février 2026, les investisseurs adoptant une posture prudente face aux incertitudes géopolitiques. Le baril de Brent s’échangeait autour de 68,22 dollars, en recul de 0,43 % (soit environ 32 cents), après avoir gagné 1,33 % la veille. De son côté, le WTI américain progressait légèrement à 63,51 dollars (+0,99 %, +62 cents), soutenu par une volatilité résiduelle après le jour férié du Presidents’ Day aux États-Unis.

Cette évolution modérée intervient dans un contexte de faible liquidité sur les marchés asiatiques, de nombreux centres financiers (Chine continentale, Hong Kong, Taïwan, Corée du Sud, Singapour) étant encore fermés pour les festivités du Nouvel An lunaire 2026.

L’attention des opérateurs se porte principalement sur Genève, où doit s’ouvrir un nouveau round de négociations nucléaires indirectes entre les États-Unis et l’Iran. Le président américain Donald Trump a confirmé une implication « indirecte » dans le processus et s’est montré optimiste quant à la possibilité d’un accord substantiel. Sugandha Sachdeva, fondatrice de SS WealthStreet (Inde), souligne que le sentiment du marché reste étroitement corrélé aux avancées diplomatiques : « La prime de risque géopolitique persiste dans les prix, et les fluctuations devraient s’intensifier en fonction des signaux diplomatiques plutôt que des fondamentaux d’offre et de demande. »

Cette prudence est renforcée par les récents exercices navals iraniens dans le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transite une part majeure du pétrole exporté vers l’Asie depuis l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït et l’Irak. Ces manœuvres, menées par les Gardiens de la Révolution, ont accru les craintes de perturbations potentielles des flux maritimes et fait grimper les primes d’assurance pour les tankers.

Du côté de l’offre, l’OPEP+ semble privilégier une approche mesurée. Selon des sources internes à l’organisation, une augmentation progressive de la production pourrait être envisagée dès avril 2026 pour anticiper la forte demande estivale. Citi Bank estime que, tant que les perturbations liées à la Russie maintiennent le Brent dans une fourchette de 65 à 70 dollars, l’OPEP+ pourrait puiser dans ses capacités excédentaires pour stabiliser le marché. En cas d’accords significatifs sur l’Iran et le conflit Russie-Ukraine avant l’été, la banque américaine anticipe un repli du Brent vers 60-62 dollars le baril.

En tant que membre clé de l’OPEP et producteur majeur de pétrole (représentant environ 30-45 % de son PIB, 60 % des recettes budgétaires et plus de 95 % des exportations), l’Algérie est particulièrement sensible aux fluctuations des prix du pétrole., un repli vers 60-62 dollars suite à un accord USA-Iran aggravent les déficits budgétaires (déjà à 22 % du PIB en projections récentes) et accélérer l’épuisement des fonds de stabilisation. Les prochaines heures et jours à Genève seront déterminants pour la direction à moyen terme des cours, avec des répercussions directes sur des économies dépendantes comme celle de l’Algérie.

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