Californie : une taxe sur les milliardaires soutenue par Bernie Sanders déclenche une tempête politique
À Los Angeles, l’accueil réservé mercredi à Bernie Sanders avait des allures de meeting de campagne : salle comble, ovations nourries et un mot d’ordre simple — faire contribuer les ultrariches pour sauver un système de santé californien sous pression.
Le sénateur du Vermont, figure emblématique de l’aile gauche du Parti démocrate et ancien candidat à l’investiture présidentielle en 2016 et 2020, est venu prêter main forte à une initiative référendaire explosive : une taxe exceptionnelle de 5 % sur le patrimoine des milliardaires installés en Californie.
Selon ses promoteurs, emmenés par le syndicat SEIU-UHW (personnels de santé), cette mesure permettrait de générer des dizaines de milliards de dollars, dont près de 90 % seraient injectés directement dans le financement du système de santé. L’objectif ? Compenser les coupes budgétaires fédérales adoptées sous l’administration de Donald Trump, qui ont fragilisé la couverture médicale de millions d’Américains.
Sanders n’a pas mâché ses mots, dénonçant des « coûts scandaleux des soins de santé et des médicaments sur ordonnance », estimant qu’il était temps pour les États-Unis de « se confronter enfin au niveau grotesque d’inégalités de revenus et de patrimoine ».
Sur le terrain, les professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme. Dans certaines régions rurales comme Modesto, des centres médicaux constatent déjà une hausse du nombre de patients dont la couverture a été réduite. Certains traitements — y compris liés à l’obésité ou à la santé mentale — ne sont plus remboursés, conséquence directe des restrictions fédérales.
Pour les soutiens de la taxe, le constat est clair : sans nouvelles منابع de financement, des hôpitaux pourraient fermer, aggravant encore les inégalités d’accès aux soins.
Mais cette proposition, même présentée comme temporaire, a provoqué une véritable onde de choc dans le berceau mondial de la tech.
Le gouverneur démocrate Gavin Newsom — pourtant membre du même parti que Sanders — s’y oppose frontalement. En ligne de mire : le risque d’un exode fiscal massif des grandes fortunes qui affaiblirait l’économie californienne.
Au-delà de la fiscalité, ce débat révèle les fractures internes du Parti démocrate. Entre une ligne centriste soucieuse de préserver l’attractivité économique et une aile progressiste décidée à taxer les grandes fortunes pour financer les services publics, la bataille s’annonce idéologique autant qu’électorale.
Alors que Newsom nourrit des ambitions présidentielles pour 2028, certains accusent déjà le gouverneur de ménager les milliardaires en vue de futurs soutiens financiers.
