L’Équateur expulse toute l’ambassade cubaine : des documents brûlés sur le toit de la mission diplomatique
Les relations entre l’Équateur et Cuba ont brutalement sombré dans une nouvelle crise diplomatique. Le gouvernement équatorien a annoncé, mercredi 4 mars 2026, l’expulsion de l’ambassadeur cubain à Quito, Basilio Antonio Gutiérrez García, ainsi que de l’ensemble du personnel diplomatique, consulaire et administratif de la mission cubaine. Les autorités leur ont accordé un délai strict de 48 heures pour quitter le territoire national.
La décision a été officialisée par le ministère équatorien des Affaires étrangères, qui a déclaré les diplomates cubains persona non grata, conformément à l’article 9 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Cette disposition du droit international permet à un État d’exiger le départ immédiat d’un représentant étranger jugé indésirable, sans obligation de fournir une justification détaillée.
La scène qui a suivi l’annonce a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Une vidéo diffusée par le président équatorien Daniel Noboa montre un individu sur le toit de l’ambassade cubaine à Quito en train de brûler des documents dans un brasero improvisé, ce que le chef de l’État a ironiquement qualifié de « barbecue de papiers ». Les images semblent témoigner d’une tentative de destruction d’archives diplomatiques avant l’évacuation de la mission.
Cette décision intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. Depuis son arrivée au pouvoir, Daniel Noboa a engagé une stratégie sécuritaire musclée contre les réseaux criminels liés au narcotrafic et à l’exploitation minière illégale. Le président équatorien a récemment annoncé l’ouverture d’une « nouvelle phase » dans la guerre contre les organisations criminelles, avec la perspective d’opérations conjointes menées avec plusieurs partenaires régionaux, notamment les États-Unis.
La veille de l’expulsion, Quito avait déjà franchi une première étape en rappelant son ambassadeur à La Havane, José María Borja, signalant clairement une dégradation rapide des relations bilatérales.
La réaction de La Havane ne s’est pas fait attendre. Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, a dénoncé une décision « arbitraire et injustifiée », qualifiant l’expulsion de « geste hostile et sans précédent » susceptible de porter un coup sévère aux relations historiques entre les deux pays.
L’île traverse actuellement une profonde crise énergétique : une panne majeure a récemment plongé près des deux tiers du pays dans le noir, y compris la capitale La Havane. Selon l’entreprise nationale d’électricité, l’incident serait lié à une défaillance de la centrale thermoélectrique Centrale Antonio Guiteras.
Fragilisé par des années de sous-investissement et par la pénurie de carburant, le réseau électrique cubain fonctionne aujourd’hui sous forte pression. Dans plusieurs régions, les habitants subissent des coupures pouvant atteindre vingt heures par jour, aggravant une crise économique déjà sévère.
Cette situation est également liée aux tensions persistantes entre Cuba et les États-Unis. L’administration du président Donald Trump a récemment renforcé les sanctions contre l’île, notamment en restreignant les approvisionnements en pétrole qui alimentaient ses centrales électriques. Pendant longtemps, Cuba dépendait largement du brut fourni par le Venezuela dirigé par Nicolás Maduro, mais les sanctions internationales et les bouleversements géopolitiques régionaux ont considérablement réduit ces livraisons.
