Élections au Népal 2026 : La jeunesse au pouvoir ? Balen Shah, l’ex-rappeur, est-il en route vers le poste de Premier ministre?

Élections au Népal 2026 : La jeunesse au pouvoir ? Balen Shah, l’ex-rappeur, est-il en route vers le poste de Premier ministre?

Katmandou, le 5 mars 2026 – Les bureaux de vote ont fermé ce jeudi soir dans tout le Népal après une journée historique marquée par une affluence soutenue, particulièrement chez les jeunes. Près de 19 millions d’électeurs étaient appelés à renouveler la Chambre des représentants (275 sièges), dans le premier scrutin national depuis le soulèvement massif de la jeunesse (Gen Z) en septembre 2025, qui avait forcé la démission du Premier ministre K.P. Sharma Oli après des manifestations meurtrières contre la corruption et un ban temporaire sur les réseaux sociaux.

Ce vote, perçu comme un véritable référendum générationnel, oppose les partis traditionnels – le Congrès népalais et le Parti communiste du Népal (UML) – à une vague de renouveau incarnée par le Rastriya Swatantra Party (RSP). Au cœur de cette dynamique : Balendra Shah, dit « Balen », 35 ans, ancien rappeur underground, ingénieur civil et ex-maire indépendant de Katmandou (élu en 2022). Figure emblématique du mouvement de 2025, il s’est présenté comme candidat au poste de Premier ministre pour le RSP, après avoir démissionné de son mandat municipal en janvier pour briguer directement un siège parlementaire.

Le face-à-face le plus scruté oppose Balen Shah à K.P. Sharma Oli dans la circonscription Jhapa-5 (est du pays), bastion historique d’Oli. L’ancien Premier ministre (74 ans), quatre fois à la tête du gouvernement, incarne l’establishment accusé d’immobilisme et de corruption endémique. Balen, avec son style direct, ses lunettes noires et ses campagnes axées sur la transparence, la santé, l’éducation et la lutte contre le chômage des jeunes (plus de 20 % selon les estimations), mobilise massivement la Gen Z et les millennials frustrés par des décennies de dynasties politiques.

Le RSP, fondé en 2022 par Rabi Lamichhane, a capitalisé sur le mécontentement populaire. Allié à des réformateurs comme Gagan Thapa (au sein d’un Congrès népalais rajeuni), le parti mise sur un discours anti-corruption et pro-jeunesse, soutenu par les réseaux sociaux – ironiquement, le même outil qui avait déclenché la crise de 2025.

Si les sondages et l’élan populaire placent Balen Shah et le RSP en position de force – avec des attentes de progression significative par rapport à leurs 21 sièges de 2022 –, rien n’est joué. Le scrutin mixte (165 sièges directs + 110 proportionnels) favorise souvent les coalitions. Une victoire du RSP pourrait ouvrir la voie à un gouvernement jeune et réformiste, mais les défis seraient immenses : traduire les promesses en réformes concrètes, assainir les finances publiques, créer des emplois et naviguer entre l’influence indienne et chinoise.

Les résultats partiels devraient tomber dans la soirée, avec un décompte complet attendu ce week-end. Pour beaucoup de Népalais, ce scrutin ne porte pas seulement sur des sièges : il s’agit de savoir si la voix de la jeunesse, née dans les rues de 2025, peut enfin transformer le pouvoir.

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