Équateur-Colombie : Daniel Noboa rejette les accusations de bombardement à la frontière et défend ses opérations anti-narcotrafic

Équateur-Colombie : Daniel Noboa rejette les accusations de bombardement à la frontière et défend ses opérations anti-narcotrafic

Les tensions entre l’Équateur et la Colombie ont atteint un nouveau sommet cette semaine après que le président colombien Gustavo Petro a accusé son homologue équatorien Daniel Noboa d’avoir largué une bombe sur le territoire colombien. L’incident présumé se serait produit dans une zone frontalière où circulent régulièrement des guérillas et des cartels de la drogue.

En réponse, Daniel Noboa a fermement démenti ces accusations sur X, affirmant que les frappes équatoriennes ciblent exclusivement des camps criminels sur le sol de l’Équateur : « Nous agissons sur notre territoire, pas sur le vôtre ». Il a ajouté que ces opérations visaient principalement des groupes criminels colombiens qui ont pu s’installer en Équateur à cause de « la négligence du gouvernement colombien dans la surveillance de la frontière ».

De son côté, Gustavo Petro a publié une photo d’un engin apparemment intact, appelant à « enquêter en profondeur sur cette bombe tombée à cent mètres de la maison d’une famille de paysans pauvres ». Cette déclaration souligne l’inquiétude de Bogota quant aux risques de dommages collatéraux sur des civils vivant dans des zones frontalières sensibles.

L’Équateur a intégré le Bouclier des Amériques, une alliance de 17 pays lancée par les États-Unis pour lutter contre le trafic de stupéfiants en Amérique latine. Cette initiative a exclu plusieurs pays dirigés par des gouvernements de gauche, dont la Colombie. Dans ce cadre, Quito a récemment mené des frappes aériennes contre des camps d’entraînement de guérillas suspectées de trafic de drogue et a instauré un couvre-feu dans plusieurs provinces côtières pour sécuriser les zones concernées.

La frontière entre les deux pays s’étend sur environ 600 kilomètres et constitue une voie de passage majeure pour les organisations criminelles impliquées dans le trafic de drogue, la traite des êtres humains, l’exploitation minière illégale et le transport d’armes. Selon les données locales, près de 70 % de la cocaïne produite en Colombie et au Pérou transite par le territoire équatorien avant d’être exportée via les ports du Pacifique.

Les tensions frontalières se doublent d’un conflit commercial récent. Daniel Noboa a imposé des droits de douane sur certains produits colombiens, reprochant à Gustavo Petro de ne pas prendre des mesures suffisantes contre le trafic de drogue et l’infiltration de groupes criminels en Équateur. Ces différends illustrent comment les questions de sécurité et de commerce se croisent et aggravent les frictions diplomatiques entre les deux voisins.

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