Athlétisme : Pourquoi World Athletics a-t-elle rejeté 11 demandes de changement de nationalité sportive vers la Turquie ?

Athlétisme : Pourquoi World Athletics a-t-elle rejeté 11 demandes de changement de nationalité sportive vers la Turquie ?

La Turquie voit son ambitieux projet de renforcement de ses équipes d’athlétisme freiné. L’Association internationale des fédérations d’athlétisme, désormais connue sous le nom de World Athletics, a annoncé le rejet de 11 demandes de changement d’allégeance sportive en faveur de la Turquie, une décision qui relance le débat sur la naturalisation d’athlètes à grande échelle.

Selon l’instance internationale, ces dossiers s’inscrivaient dans une démarche « coordonnée », impliquant notamment un dispositif soutenu financièrement, destiné à attirer des athlètes étrangers par des contrats particulièrement avantageux. L’objectif aurait été de renforcer rapidement les performances turques en vue des Jeux olympiques de Los Angeles 2028.

Parmi les athlètes concernés figurent plusieurs profils de premier plan. Cinq coureurs kenyans, dont la marathonienne Brigid Kosgei, ancienne détentrice du record du monde, faisaient partie de la liste. S’y ajoutent quatre athlètes jamaïcains, dont le champion olympique du lancer du disque Roge Stona et le médaillé de bronze olympique Rajindra Campbell. La Nigériane Favour Ofili ainsi que la Russe Sofia Yakushina complètent ce groupe de demandes refusées.

Dans son communiqué, World Athletics justifie sa décision par le non-respect des règles encadrant le changement de nationalité sportive. L’instance insiste sur la nécessité de préserver « un lien authentique » entre l’athlète et le pays qu’il représente, afin de garantir l’équité des compétitions internationales.

La fédération rappelle également que ces règles ont été durcies en 2019, dans un contexte de multiplication des transferts controversés, parfois motivés par des considérations financières. Son président, Sebastian Coe, avait déjà alerté sur certaines dérives assimilées à des formes d’exploitation de jeunes athlètes.

World Athletics précise toutefois que cette décision ne prive pas les sportifs concernés de leur carrière internationale : ils peuvent continuer à s’entraîner, participer à des meetings individuels et résider en Turquie. En revanche, ils ne sont pas autorisés à représenter officiellement le pays dans les grandes compétitions internationales.

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