Scandale Mandelson : Starmer sous pression, ses ministres le défendent bec et ongles
Londres — Plusieurs ministres du gouvernement britannique ont affiché dimanche leur soutien sans faille au Premier ministre Keir Starmer, confronté à une vive controverse après la nomination controversée de Peter Mandelson comme ambassadeur du Royaume-Uni aux États-Unis.
Au cœur de la polémique : Lord Mandelson n’avait pas obtenu l’habilitation de sécurité requise pour ce poste stratégique. Pourtant, sa nomination avait été validée fin 2024. Keir Starmer doit s’expliquer lundi devant le Parlement sur cette décision explosive.
Le Premier ministre assure n’avoir jamais été informé du rejet de cette habilitation par les services de sécurité, pas plus que ses ministres. Il a dénoncé une « défaillance impardonnable » au sein de l’appareil administratif et a réagi en limogeant le plus haut fonctionnaire du Foreign Office, Olly Robbins, accusé d’avoir validé la procédure malgré les réserves exprimées par les services compétents.
Cette mise à l’écart n’a toutefois pas suffi à éteindre l’incendie. Plusieurs anciens hauts responsables y voient une tentative de désigner un bouc émissaire, estimant que la responsabilité politique remonte directement à Downing Street. L’opposition, de son côté, hausse le ton et réclame purement et simplement la démission de Keir Starmer, qu’elle accuse d’incompétence et d’avoir trompé l’opinion publique.
Face à la tempête, le gouvernement resserre les rangs. La ministre des Technologies, Liz Kendall, a défendu avec fermeté l’intégrité du Premier ministre : « Keir Starmer n’aurait jamais validé cette nomination s’il avait eu connaissance des conclusions négatives des services de sécurité. » Elle a également mis en avant ses choix stratégiques récents, notamment le renforcement des liens avec l’Union européenne et une approche mesurée dans les crises internationales.
Le vice-Premier ministre David Lammy, en poste aux Affaires étrangères au moment des faits, s’est dit « choqué » par l’absence d’information transmise à l’exécutif, qualifiant cette situation d’« inexplicable ». Une ligne de défense qui, loin de clore le débat, alimente les interrogations sur les dysfonctionnements internes au sommet de l’État.
L’affaire est d’autant plus sensible que Mandelson traîne une réputation controversée, notamment en raison de ses liens passés avec Jeffrey Epstein. Ces relations avaient déjà suscité la polémique avant son éviction en septembre 2025, après de nouvelles révélations embarrassantes.
Aujourd’hui, ce scandale cristallise un malaise politique plus profond. Déjà affaibli par une série de décisions contestées et une popularité en berne, Keir Starmer joue une séquence cruciale de son mandat. Son audition devant le Parlement s’annonce déterminante : il devra non seulement s’expliquer, mais aussi convaincre qu’il reste maître d’un pouvoir dont la crédibilité est désormais sérieusement ébranlée.
Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères au moment des faits, David Lammy, s’est dit « choqué » par l’absence d’information transmise à l’exécutif, qualifiant cette situation d’« inexplicable ». Une défense qui, paradoxalement, soulève de nouvelles questions sur les défaillances internes au plus haut niveau de l’État.
