L’Algérie et la cause palestinienne : Le double discours entre slogans de façade et répression féroce

L’Algérie et la cause palestinienne : Le double discours entre slogans de façade et répression féroce

Dans notre malheureuse patrie, l’équation politique est plus simple que de faire cuire un œuf à feu doux : il suffit d’allumer les chaînes officielles pour entendre rugir les slogans qui ébranlent la terre avec le fameux « Avec la Palestine, qu’elle soit oppresseuse ou oppressée ». Quel slogan retentissant ! À tel point que l’on pourrait croire, au premier abord, que les forces de sécurité ont déjà fait leurs bagages pour Jérusalem. Mais la réalité est que la boussole du clan Tebboune souffre d’un défaut magnétique chronique, car elle pointe systématiquement vers la répression du citoyen lésé à l’intérieur du pays.
Il semble que le concept de solidarité chez la « Bande » des généraux obéisse à des lois physiques particulières. L’amour pour la Palestine doit rester prisonnier des gorges officielles et des communiqués de papier lus derrière des bureaux climatisés. Mais qu’un jeune révolutionnaire, dans un élan de sincérité, brandisse le drapeau palestinien dans les rues d’Alger, et voilà que la Palestine se transforme soudain en un crime d’entrave à la circulation ou en une menace pour la sécurité nationale. Dans notre pays, vous pouvez prier en secret pour la libération d’Al-Qods, mais si vous l’appelez de vos vœux dans une publication sur les réseaux sociaux, vous pourriez bien être délogé de votre propre maison pour finir dans les profondeurs de l’oubli, là où le soleil ne brille jamais et où aucun avocat ne frappe à la porte de votre cellule.
C’est l’une des merveilles de ce monde : ce pouvoir, qui s’enorgueillit d’être le rempart des révolutionnaires, est le même qui souffre d’une allergie aiguë à la vue d’un morceau de tissu coloré dans la main d’un citoyen. À la télévision officielle, aux ordres des généraux du mal, le drapeau palestinien est une médaille sur la poitrine, mais dans la rue, ce même drapeau est un ticket gratuit pour un voyage sans retour vers les centres d’interrogatoire et de torture. Il semble que ces généraux grabataires craignent que la contagion de la liberté pour les Palestiniens ne se transforme en une exigence de liberté pour le pauvre peuple et en un partage équitable des richesses du pays. La liberté est un produit destiné uniquement à l’exportation ; sa consommation locale est strictement interdite pour préserver la docilité du troupeau.
Le plus dangereux dans cette pièce de théâtre satirique est le sort réservé à ces jeunes. Tandis que les généraux dénoncent les crimes de l’occupation et les arrestations arbitraires à Gaza, ils pratiquent leur passe-temps favori en faisant disparaître les citoyens. Quant à un procès équitable, c’est un luxe jugé inutile, et les familles des détenus sont laissées dans l’effroi et l’angoisse sous prétexte d’une éducation nationale version militaire obligatoire. C’est la politique du double langage surréaliste : nous crions pour Gaza devant les caméras mondiales pour gagner des points révolutionnaires, et nous réprimons les solidaires de Gaza à l’intérieur pour garantir un calme stratégique. En fin de compte, le slogan de soutien n’est qu’un maquillage politique pour masquer les rides d’un régime qui tremble à l’idée de voir le peuple s’unir. La souveraineté veut que la Palestine soit une monnaie d’échange internationale, mais ne veut pas qu’elle soit une âme habitant le cœur de jeunes qui pourraient découvrir un jour que le chemin vers Jérusalem passe inévitablement par le bris des chaînes de la tyrannie à Alger. Cher citoyen misérable, sois solidaire de la Palestine autant que tu le souhaites, mais souviens-toi que l’œil qui pleure sur Gaza pourrait bien être crevé dans les centres de sécurité des généraux, là où les anges de la miséricorde n’existent pas.

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