Le chien des généraux poursuit la politique d’achat de flatteries et d’éloges auprès des mercenaires africains

Le chien des généraux poursuit la politique d’achat de flatteries et d’éloges auprès des mercenaires africains

Dans une scène qui nous renvoie à l’époque des républiques bananières, des discours de camarades et des alliances militaires des États sous-développés, le président angolais João Lourenço s’est fendu d’un morceau d’éloge qui dépasse en imagination les poèmes d’Al-Mutanabbi, pour décerner à Abdelmadjid Tebboune le titre de champion de l’Union africaine dans la lutte contre le terrorisme. En vérité, nous ne savons pas de quel terrorisme parle João Lourenço. S’agit-il du terrorisme des files d’attente pour l’huile et le lait auquel fait face le citoyen, ou de celui des promesses mensongères qui s’évaporent dès que l’avion de l’invité décolle ?
Il n’est pas nécessaire de posséder l’intelligence d’Einstein pour comprendre le secret de cette idylle soudaine entre les deux présidents. L’équation est d’une grande simplicité : Abdelmadjid Tebboune a promis au président angolais la construction d’un centre hospitalo-universitaire (CHU) ainsi que la réalisation d’une station de dessalement d’eau de mer. En contrepartie, le président de l’Angola offre un certificat de bonne conduite politique et un titre de champion de papier à suspendre sur les murs du palais d’El Mouradia. C’est le business des titres, où la distinction révolutionnaire se vend contre du béton armé financé par la sueur du citoyen affligé, qui aurait lui-même besoin d’hôpitaux dignes des êtres humains.
L’ironie du sort veut que João Lourenço parle de lutte contre la division et l’extrémisme alors qu’il dirige un régime contesté sur le plan international. C’est le front du refus, dirigé non pas contre l’ennemi, mais contre le désir des peuples de changement et de vie digne. Lorsque des dirigeants s’échangent des louanges, cela s’apparente à des attestations mutuelles au sein d’un marché d’influences, sous le slogan : « Je couvre tes actions et tu me construis un hôpital ».
Alors que de nombreux observateurs perçoivent dans la politique du pouvoir en place un facteur d’instabilité en Afrique du Nord et un soutien à des mouvements séparatistes qui se nourrissent de l’argent public, le respecté João Lourenço y voit un héroïsme honorable. Dans ce référentiel, le financement des mouvements est qualifié de soutien à la volonté des peuples, la répression des manifestants est appelée stabilité et sagesse, et la dilapidation des richesses est baptisée diplomatie réussie. Qualifier Abdelmadjid Tebboune de champion est une description précise si l’on considère que l’héroïsme est la capacité de convaincre les autres que l’on bâtit un continent alors que la maison intérieure est au bord de l’effondrement. Au nom du peuple malheureux, merci João Lourenço ; par cet éloge, vous confirmez que la trajectoire reste inchangée.

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