D’un repas de tacos à un repas de shawarma, voilà le prix de la femme algérienne sur le marché de la prostitution

D’un repas de tacos à un repas de shawarma, voilà le prix de la femme algérienne sur le marché de la prostitution

C’est une scène surréaliste à se frotter les yeux de stupeur. Pendant que le jeune Algérien doit accomplir un miracle économique, digne d’un plan Marshall miniature ou d’un crédit du FMI, juste pour satisfaire les caprices d’une « bent el bled » exigeant une dot à briser le dos, une villa à Club des Pins et une berline allemande qui brille sous le soleil, de l’autre côté du miroir, le barème des valeurs s’effondre dans un ridicule total. Le fils du peuple est sommé d’être un Superman financier et d’aligner les garanties bancaires avant de décrocher un simple regard, alors que le visiteur étranger semble posséder une baguette magique cachée dans la sauce tacos ou l’assaisonnement du shawarma. Le plus aberrant n’est pas l’invité lui-même, mais cette « tendresse soudaine » et cette docilité débordante qui surgissent dès qu’un individu traverse la frontière.
La fracture est révoltante. Alors que le pauvre « zawali » de Djelfa, d’Oran ou d’Alger est jugé au centime près sur le prix du cosmétique ou la qualité du tissu, le visiteur se retrouve encerclé de sourires béants et d’une cohue digne des chaînes d’huile et de semoule, le tout pour un mot doux à l’accent oriental ou des traits exotiques. L’affaire récente du commerçant syrien est le miroir d’un profond complexe d’infériorité : qu’un étranger ose insulter les Algériennes de « charmoutate », de « filles de la France » ou de « petites-filles d’Oum Hassan », et voilà des marées de femmes hystériques, de tous âges, se bousculant devant sa boutique en lui souriant comme s’il était une star de cinéma. Comment la « fahla », si intransigeante sur l’or et les bijoux avec l’enfant du pays, se transforme-t-elle en un être capable de laisser son numéro de téléphone ou des billets doux sur la table d’un fast-food pour un sandwich bon marché ou un clin d’œil complice ? Où est passé ce « Nif » dont on se gargarise, ce faste qui ne sert finalement qu’à briser le moral du jeune Algérien qui tente de bâtir un nid modeste ?
Ce tableau noir, que certains qualifient de « ruée sur le local », pose une question cruciale : est-ce le complexe de l’étranger qui rend tout visiteur supérieur, ou est-ce une fuite face à la crise de la virilité locale ? Le plus douloureux dans cette mascarade n’est pas seulement le comportement de ces femmes, mais l’effondrement moral de ces simulacres d’hommes – « ananich » et vieux barbons – qui font la chaîne aux côtés des femmes, troquant la dignité nationale contre le prestige en carton de côtoyer un étranger beau gosse, même si ce dernier ne leur voue que mépris. Cher citoyen, pendant que tu creuses la roche pour payer la dot ou l’appartement, rappelle-toi que le problème n’est pas dans ta poche, mais dans une balance faussée qui voit dans l’étranger une prise de choix et dans le fils du pays un demi-homme. La solution est peut-être de changer d’accent ou d’ouvrir un commerce de shawarma, car le chemin vers le cœur des « fahlates » et leurs sous-vêtements est visiblement bien plus facile que prévu dans l’Algérie nouvelle.

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