Pétrole : Trump souffle le chaud et le froid, les marchés retiennent leur souffle
Les marchés pétroliers évoluent désormais dans une atmosphère de tension permanente, suspendus aux déclarations contradictoires de Donald Trump sur le Moyen-Orient. Entre promesses d’accord avec l’Iran et menaces à peine voilées contre Téhéran, le président américain entretient une incertitude explosive qui secoue les cours du brut et nourrit la nervosité des investisseurs.
Jeudi, les prix du pétrole hésitaient encore, illustrant l’extrême fragilité de la situation géopolitique régionale. Donald Trump a lui-même reconnu que la situation était « sur le fil », avertissant qu’en l’absence de réponses jugées « satisfaisantes à 100 % », les événements pourraient « aller très vite ». Une déclaration qui rappelle combien le risque d’escalade militaire reste présent malgré les discussions diplomatiques en cours.
Le véritable cœur des inquiétudes demeure le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part essentielle du pétrole mondial. Tant que cette route maritime restera exposée à des tensions militaires ou à un possible blocage, les marchés continueront de réagir brutalement au moindre signal politique venant de Washington ou de Téhéran.
Dans ce climat d’incertitude, le Brent de la mer du Nord reculait légèrement autour de 104 dollars le baril, tandis que le WTI américain évoluait sous les 98 dollars. Cette baisse relative traduit surtout l’espoir prudent des investisseurs de voir aboutir les négociations engagées avec l’Iran. Les marchés semblent croire, pour l’instant, au scénario diplomatique défendu par Donald Trump.
Mais cet optimisme reste extrêmement fragile. Téhéran examine toujours une proposition américaine transmise via une médiation pakistanaise, sans qu’aucune avancée décisive n’ait encore été annoncée. Les opérateurs savent qu’un échec des discussions ou une nouvelle montée des tensions pourrait provoquer une flambée immédiate des cours du pétrole.
Au-delà du conflit géopolitique, les chiffres des réserves américaines ajoutent une autre source majeure d’inquiétude. Les stocks commerciaux de brut ont chuté de près de 7,9 millions de barils en une semaine, bien davantage qu’attendu. Plus alarmant encore, la réserve stratégique américaine a perdu près de 10 millions de barils supplémentaires, atteignant son niveau le plus bas depuis juillet 2024.
Cette baisse massive traduit les efforts de Washington pour amortir les conséquences économiques de la crise régionale. Mais elle révèle aussi une vulnérabilité croissante : les États-Unis utilisent leurs réserves à un rythme rarement observé depuis les années 1980, réduisant progressivement leur capacité à faire face à une aggravation du conflit.
L’Agence internationale de l’énergie a d’ailleurs récemment alerté sur une fonte « record » des réserves mondiales de pétrole. Même si le détroit d’Ormuz devait rouvrir rapidement et qu’un accord diplomatique était trouvé, le retour à la normale pourrait prendre du temps. Les réserves devront être reconstituées, les chaînes logistiques stabilisées et les capacités de production pleinement rétablies dans le Golfe.
