Algérie : entre richesses pétrolières et exil clandestin vers l’Europe

Algérie : entre richesses pétrolières et exil clandestin vers l’Europe

Pendant que les pays pétroliers et gaziers du monde s’occupent de construire des gratte-ciel, de créer des fonds souverains transcontinentaux et d’acheter des clubs de football internationaux, il semble qu’en Algérie la vision stratégique soit totalement différente, voire « hors cadre »… et même hors continent : une vision tournée vers la rive européenne, quitte à y parvenir par la mort volontaire !

Dans une équation économique unique, jamais enseignée ni à Harvard ni à la Sorbonne, l’ingéniosité de la planification militaire sous la direction du véritable homme fort du pays, le général Saïd Chengriha, aurait réussi à démontrer que la relation entre le prix du baril de pétrole et le bien-être du citoyen est inverse : plus les revenus du gaz et de l’or noir augmentent, plus grandit chez le citoyen algérien le désir de voir les côtes européennes… à bord de « bateaux de la mort » traversant la mer Méditerranée.

Le citoyen, lui, ne rêve pas de luxe : il se demande simplement, naïvement, où vont ces milliards et ces richesses. La réponse arrive toujours à travers les écrans de la télévision officielle : elles servent à sécuriser l’avenir partisan, à acheter des loyautés et à élaborer des plans quinquennaux et décennaux contre des conspirations imaginaires.

Pendant ce temps, le citoyen ordinaire est contraint à une austérité forcée, une sorte de jeûne économique imposé comme soutien moral à l’économie nationale.

Les gouvernements occidentaux se vantent de programmes d’émancipation et d’intégration des femmes dans le travail et la gestion. Chez nous, dit-on, on a dépassé cela depuis longtemps : on a offert aux femmes une égalité parfaite avec les hommes… dans les vagues de la Méditerranée, côte à côte avec les migrants clandestins.

Le phénomène ne concerne plus seulement une jeunesse désespérée cherchant une vie digne, mais s’est transformé en véritables traversées familiales : père, mère et nourrisson embarqués sur des embarcations de fortune, payant des milliers de dollars à des passeurs — seuls véritables bénéficiaires de ce « modèle économique ».

Ils fuient des hôpitaux sans soins, des écoles sans avenir, et des marchés où les prix flambent comme des objets de collection.

L’ironie ultime est que, lorsque certains arrivent (s’ils survivent) sur les côtes européennes de Europe et de la mer Méditerranée, les communiqués officiels du système dénoncent alors l’immigration clandestine et parlent de « mains étrangères » qui poussent la jeunesse à quitter le pays.

Et l’on pourrait répondre à l’élite dirigeante, installée dans ses bureaux climatisés : quand la mer agitée devient plus clémente que votre bureau, et quand les embarcations de la mort semblent plus sûres que vos administrations, cela signifie que ceux que vous gouvernez ont déjà voté avec leurs pieds.

Ainsi, les « généraux du pouvoir » et leur système auraient réussi une chose : transformer un pays censé regorger d’opportunités en un pays où la principale ambition est de partir.

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