Les prix du pétrole ont chuté près de 20 % en mai sur fond d’espoirs d’accord entre Washington et Téhéran

Les prix du pétrole ont chuté près de 20 % en mai sur fond d’espoirs d’accord entre Washington et Téhéran

Les prix du pétrole ont fortement chuté le dernier jour ouvrable de mai, enregistrant une baisse d’environ 19 % sur le mois, dans un contexte dominé par les anticipations d’un rapprochement diplomatique entre les États-Unis et l’Iran.

Le Brent s’est ainsi établi autour de 92 dollars le baril, contre plus de 110 dollars en début de mois. Cette correction s’explique principalement par l’optimisme des marchés concernant un possible accord incluant un cessez-le-feu de 60 jours et la réouverture progressive du détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour l’approvisionnement mondial en pétrole.

Selon plusieurs sources un accord préliminaire de cessez-le-feu de 60 jours aurait été conclu entre Washington et Téhéran. Ce cadre inclurait notamment la reprise du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, sans conditions supplémentaires immédiates, un point crucial pour l’approvisionnement mondial en pétrole.

Cependant, l’accord reste suspendu à une validation politique décisive : le président américain Donald Trump n’a pas encore approuvé les termes du compromis. Selon Bloomberg, il s’est donné plusieurs jours pour examiner le dossier. Cette incertitude continue d’alimenter la volatilité des marchés énergétiques.

« Le marché espère clairement que nous nous dirigeons vers une forme de résolution », analyse Bjarne Schieldrop, chef analyste matières premières chez SEB. Selon lui, le scénario dominant reste celui d’un accord imparfait, davantage orienté vers la poursuite des négociations que vers une résolution définitive des différends.

Dans ce contexte, les investisseurs ont rapidement réévalué la prime de risque géopolitique, entraînant une correction marquée des cours du brut.

Si les craintes initiales d’une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz avaient fait redouter une perte d’approvisionnement pouvant atteindre jusqu’à 20 millions de barils par jour, plusieurs facteurs sont toutefois venus amortir le choc, notamment l’augmentation de la production et des exportations américaines ainsi que de certains autres pays producteurs. À cela s’ajoute le ralentissement de la demande chinoise, la baisse globale de la consommation dans certaines régions du monde, ainsi que la mobilisation partielle des réserves stratégiques, autant d’éléments qui ont contribué à atténuer la pression sur les marchés pétroliers.
Ces ajustements ont permis de limiter l’impact réel sur le marché mondial, ramenant les anticipations de déficit à une fourchette plus modérée, estimée entre 3 et 7 millions de barils par jour selon Bloomberg Intelligence.

Malgré la baisse récente, les perspectives de moyen terme restent relativement élevées. Une majorité des acteurs du marché s’attendent à un Brent évoluant entre 81 et 100 dollars le baril au cours de l’année. Plus de la moitié des analystes interrogés estiment même que les cours pourraient rester dans cette zone jusqu’à la fin de l’année.

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