Philippines : coup de théâtre à Manille, le clan Duterte perd le Sénat avant le procès explosif de sa fille Sara Duterte

Philippines : coup de théâtre à Manille, le clan Duterte perd le Sénat avant le procès explosif  de sa fille Sara Duterte

La prise de contrôle du Sénat par le camp Marcos rebat profondément les cartes du pouvoir à Manille. La chambre haute du Parlement philippin a changé de mains dans un climat de tensions extrêmes, infligeant un revers stratégique majeur au camp de l’ancien président Rodrigo Duterte, à la veille d’un procès de destitution particulièrement sensible visant sa fille, la vice-présidente Sara Duterte.

Après deux semaines de crise interne, de contestations de légitimité et d’interprétations divergentes des règles de quorum, le Sénat a finalement basculé en faveur du camp du président Ferdinand Marcos Jr.. Avec 13 voix sur 24, le sénateur Sherwin Gatchalian a été porté à la présidence de la chambre haute, consacrant la victoire du bloc pro-Marcos.

En face, le sénateur Alan Peter Cayetano, figure de proue du camp Duterte, a dû reconnaître sa défaite après avoir brièvement revendiqué la direction du Sénat. Le basculement a été scellé par une défection décisive au sein de son propre camp, offrant une majorité nette à ses adversaires.

Ce changement de leadership dépasse largement une simple bataille institutionnelle. Il marque un recul significatif de l’influence politique du clan Duterte au sein de l’appareil législatif, alors même que plusieurs de ses alliés occupaient encore des positions clés au Sénat.

La perte du contrôle de la chambre haute intervient à un moment critique : le Sénat doit prochainement se prononcer sur la procédure de destitution visant Sara Duterte, déjà mise en accusation par la Chambre des représentants.

Les accusations portées contre la vice-présidente incluent notamment des soupçons d’enrichissement illicite et des menaces publiques visant le président Marcos Jr., des faits qu’elle conteste fermement. Le procès attendu au Sénat pourrait ainsi constituer un tournant politique majeur dans la lutte de pouvoir qui oppose les deux principales dynasties politiques du pays.

Dans ce contexte, la nouvelle majorité sénatoriale pro-Marcos apparaît comme un facteur déterminant, susceptible d’influencer directement l’issue de la procédure.

Au-delà du duel institutionnel, cette crise révèle la profondeur des divisions politiques aux Philippines, où l’alliance passée entre Marcos et Duterte s’est muée en confrontation ouverte et durable.

Les tensions sont d’autant plus fortes que l’ancien président Rodrigo Duterte demeure une figure centrale du paysage politique, malgré sa mise en cause internationale liée à sa guerre contre la drogue et aux procédures engagées à son encontre par la Cour pénale internationale.

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