Canada : Ottawa refuse de rouvrir des ambassades en Iran et au Venezuela, malgré les défis diplomatiques
Le Canada ne prévoit pas, pour le moment, de rouvrir des ambassades en Iran ou au Venezuela, a affirmé la ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand. Cette déclaration met fin aux spéculations sur un possible rétablissement de la présence diplomatique canadienne dans ces deux pays, alors que plusieurs crises internationales compliquent les relations d’Ottawa avec Téhéran et Caracas.
Lors d’une conférence de presse tenue à Ottawa aux côtés de son homologue turc Hakan Fidan, la ministre Anand a confirmé que le gouvernement canadien ne travaillait pas à l’ouverture de nouvelles missions diplomatiques dans ces deux États. Elle a toutefois reconnu que l’absence de représentation directe limitait la capacité du Canada à défendre ses intérêts et à venir en aide rapidement à ses citoyens.
Concernant l’Iran, Ottawa continue de s’appuyer sur l’Italie pour assurer certains services consulaires auprès des Canadiens présents sur place. Une solution jugée pratique mais imparfaite, la ministre admettant qu’un intermédiaire ne constitue pas le moyen le plus efficace pour gérer les situations sensibles.
Le débat a ressurgi après des informations évoquant une possible reprise des relations diplomatiques entre le Canada et Téhéran. Le gouvernement canadien a cependant démenti toute volonté de rétablir officiellement ses liens diplomatiques avec l’Iran, précisant que les échanges actuels se limitent aux dossiers consulaires, aux droits de l’homme et à la question de la non-prolifération nucléaire.
Les relations entre Ottawa et Téhéran sont rompues depuis 2012, lorsque le gouvernement de Stephen Harper avait fermé l’ambassade canadienne en Iran et expulsé les diplomates iraniens du Canada. Depuis, les deux pays entretiennent des contacts très limités.
La situation est également complexe au Venezuela. Bien que le Canada n’ait pas officiellement rompu ses relations avec Caracas, son ambassade a cessé ses activités en 2019 après le refus du gouvernement vénézuélien de renouveler les visas de diplomates canadiens. L’absence d’une mission opérationnelle complique notamment l’aide aux ressortissants canadiens touchés par les récentes catastrophes naturelles dans le pays.
Le premier ministre Mark Carney a reconnu que cette absence de présence diplomatique plaçait Ottawa dans une position défavorable lors des crises, mais il a insisté sur le fait qu’aucune décision n’était envisagée pour renouer pleinement avec ces gouvernements.
Cette position illustre la prudence diplomatique du Canada, qui cherche à maintenir des canaux de communication limités tout en évitant une normalisation politique avec des régimes avec lesquels il entretient de profondes divergences.
