Argentine : la démission du bras droit de Milei après un scandale de corruption secoue le gouvernement libertarien
Le pouvoir argentin de Javier Milei est plongé dans une nouvelle crise politique. Manuel Adorni, chef de cabinet de la présidence et l’un des plus proches alliés du chef de l’État, a annoncé sa démission samedi 28 juin 2026, alors qu’une enquête pour enrichissement illicite et des révélations sur son train de vie provoquent une forte polémique.
Figure centrale du mouvement libertarien au pouvoir, Adorni s’était imposé comme l’un des principaux défenseurs de la « révolution » politique promise par Milei. Ancien porte-parole présidentiel, il incarnait la volonté affichée du gouvernement de rompre avec les pratiques de l’ancienne classe dirigeante et de mener une lutte sans concession contre la corruption.
Mais l’affaire qui le vise fragilise fortement ce discours. Le parquet fédéral enquête sur l’origine de certains de ses avoirs, après des révélations concernant des dépenses importantes, des voyages privés et plusieurs acquisitions immobilières réalisées depuis l’arrivée de Milei au pouvoir.
Adorni, qui nie toute irrégularité, affirme que son patrimoine provient de revenus légaux, notamment d’investissements dans les cryptomonnaies. Il a toutefois reconnu avoir conservé environ 500 000 dollars non déclarés au fisc et avoir eu recours au marché parallèle des devises, une pratique répandue en Argentine mais officiellement interdite.
Pendant plusieurs semaines, Javier Milei a continué à défendre son collaborateur, affirmant publiquement son innocence et promettant de soutenir ses ministres « jusqu’au bout ». Malgré ce soutien présidentiel, la pression médiatique et politique a finalement conduit Adorni à quitter ses fonctions.
Cette démission constitue un coup dur pour Milei, qui avait fait de la lutte contre la corruption et du rejet des privilèges politiques des piliers de son projet. Elle intervient également dans une période délicate pour son gouvernement, confronté aux critiques liées aux mesures d’austérité, à la baisse du pouvoir d’achat et aux tensions sociales provoquées par ses réformes économiques.
Le départ d’Adorni prive ainsi le président argentin d’un allié historique et d’un acteur clé dans ses relations avec le Congrès et les gouverneurs. Le choix de son successeur sera scruté comme un test majeur de la capacité de Milei à maintenir le cap face aux turbulences politiques.
