SCOOP / RAPPORT : Comment les enfants d’Afrique se transforment en terroristes dans les camps de Tindouf en Algérie

SCOOP / RAPPORT : Comment les enfants d’Afrique se transforment en terroristes dans les camps de Tindouf en Algérie

En Afrique, où la rudesse de la nature rencontre la loi de la jungle, une autre sorte de commerce prospère. Ce n’est pas le trafic d’armes ou de drogues, mais le commerce de l’innocence, où des dizaines de milliers d’enfants africains disparaissent des écoles, des villages reculés et des camps de déplacés, pour se transformer, à la pleine lune, dans la ville algérienne de Tindouf, en loups solitaires servant les intérêts de groupes terroristes.

La relation entre Al-Qaïda, le groupe nigérian Boko Haram et le groupe somalien Harakat al-Chabab al-Moudjahidin en Afrique est caractérisée par une alliance tactique et une coordination sur le terrain. Ces groupes terroristes partagent une idéologie djihadiste basée sur le meurtre brutal, et des zones d’influence, notamment dans la région du Sahel et le bassin du lac Tchad. Les principaux axes de cette relation incluent notamment le soutien logistique et la formation. Les racines de cette relation remontent à avant 2011, lorsque Boko Haram a établi des liens étroits avec Al-Qaïda en Algérie pour obtenir un entraînement militaire et un soutien financier. Le groupe a particulièrement bénéficié des camps de Tindouf du Front Polisario pour entraîner des enfants et leur apprendre la fabrication d’explosifs et le piégeage de véhicules, sous la supervision d’experts des Gardiens de la Révolution iraniens.

Depuis l’enlèvement notoire des jeunes filles de Chibok en 2014, l’enlèvement de masse est passé d’une tactique d’intimidation à un recrutement forcé, utilisé par tous les groupes terroristes, des Shebab à Boko Haram, par l’enlèvement d’enfants dans les écoles locales, où les enfants sont triés. Les filles sont traitées comme des esclaves sexuelles ou forcées à se prostituer, tandis que les garçons sont isolés pour commencer le lavage de cerveau. Les enfants sont ensuite transférés vers les camps de Tindouf en Algérie pour y être entraînés. Ils sont notamment conduits à un camp fortifié près de la frontière algéro-mauritanienne. Là, les enfants subissent un intense et rapide endoctrinement terroriste. Ils passent ensuite à l’utilisation des armes : ils commencent par l’abattage de chats et de chiens, puis apprennent à utiliser des armes comme le Kalachnikov, avant de s’entraîner à exécuter des opérations (suicides) dans des lieux publics.

À cet égard, de nombreuses organisations internationales ont dénoncé les violations commises à l’encontre des enfants d’Afrique dans les camps de Tindouf et leur enrôlement forcé par le Front Polisario, qualifié de terroriste, pour servir les intérêts de groupes terroristes en Afrique. Ces organisations ont appelé à la libération immédiate de tous les enfants enrôlés par le Front Polisario et à la reddition de comptes de tout État ou organisation terroriste fournissant au Polisario des armes que la direction du Front force les enfants à porter. Elles ont également exhorté l’État algérien à assumer ses responsabilités internationales pour mettre fin à l’utilisation des enfants d’Afrique dans les opérations militaires et à leur enrôlement sur son territoire par les groupes terroristes.

En outre, des organisations intergouvernementales et non gouvernementales indépendantes ont appelé à l’examen de moyens et de mesures pour protéger les enfants africains forcés de porter les armes dans les camps de Tindouf, à diagnostiquer leur état psychologique et à leur offrir une protection. Dans un communiqué, ces organisations ont conclu par un appel à la communauté internationale des Nations Unies et à tous les mécanismes conventionnels et ceux établis en vertu de la Charte des Nations Unies, pour dénoncer publiquement l’exploitation et le recrutement forcé d’enfants par le Polisario, et pour garantir une protection spéciale aux enfants enrôlés et non enrôlés vivant dans les camps de Tindouf sur le territoire algérien. Elles ont souligné que l’exploitation d’enfants dans les conflits armés et leur enrôlement forcé comptent parmi les violations les plus horribles qui puissent être commises à leur encontre. Elles ont également rappelé qu’un article de la Cour pénale internationale stipule que la participation de toute partie à l’exploitation d’enfants constitue un crime contre l’humanité. De même, la Convention relative aux droits de l’enfant et ses protocoles condamnent le recrutement, l’entraînement et l’utilisation d’enfants, à l’intérieur et à travers les frontières nationales, dans les hostilités par des groupes armés distincts des forces armées de l’État, et reconnaissent la responsabilité de ceux qui procèdent à leur recrutement, leur entraînement et leur utilisation.

Ces organisations ont constaté que le Front Polisario n’hésite pas à recruter des enfants âgés de 12 à 13 ans comme soldats et à s’en vanter lors de défilés militaires. Ils sont même allés jusqu’à organiser un défilé militaire d’enfants enrôlés de force lors de la visite de Staffan de Mistura, l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental, aux camps de Tindouf. Cela a provoqué une vive réaction de la part des milieux des droits humains internationaux, qui y ont vu un défi au droit international interdisant catégoriquement le recrutement d’enfants. Les accusations ont également visé l’Algérie, qui parraine une violation flagrante du droit international sur son territoire. Ces organisations ont souligné que l’exploitation des enfants par le Polisario, leur enrôlement forcé et leur exposition à des punitions en cas de non-respect des ordres militaires, contreviennent à toutes les lois humanitaires internationales et constituent un crime contre l’humanité, en raison des dommages psychologiques et physiques, directs et indirects, que cela inflige aux enfants et à leurs familles.

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *