Reprise de la crise d’Ormuz : le pétrole flambe et bondit de plus de 4 %

Reprise de la crise d’Ormuz : le pétrole flambe et bondit de plus de 4 %

Les cours mondiaux du pétrole ont fortement progressé lundi 13 juillet, alimentés par une nouvelle escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran et par l’annonce de Téhéran de la fermeture du détroit d’Ormuz « jusqu’à nouvel ordre ». Cette voie maritime stratégique, par laquelle transite près de 20 % du commerce mondial de pétrole et une part importante du gaz naturel liquéfié (GNL), est au cœur des inquiétudes des marchés.

Le baril de Brent, référence internationale, a bondi de plus de 4 % pour atteindre 79,14 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain gagnait 4,3 %, à 74,46 dollars le baril. Les prix du gaz naturel en Europe ont également progressé de 2,7 %, après une hausse de près de 8 % la semaine précédente, les investisseurs anticipant d’éventuelles perturbations des approvisionnements énergétiques en provenance du Golfe.

L’annonce iranienne de la fermeture du détroit d’Ormuz a toutefois été immédiatement contestée par le Commandement central américain (CENTCOM), qui affirme que ses forces poursuivent leurs opérations afin de garantir la liberté de navigation dans cette voie maritime stratégique. Malgré ces déclarations contradictoires, le trafic maritime est resté extrêmement réduit dans la zone, reflet de la forte dégradation de la situation sécuritaire.

Les tensions se sont accentuées après une nouvelle vague de frappes américaines, présentées par Washington comme une riposte à l’attaque iranienne contre un porte-conteneurs battant pavillon chypriote. Selon plusieurs médias américains, les Gardiens de la révolution auraient également pris pour cible de nouveaux navires marchands, tandis que des avions américains auraient intercepté des missiles de croisière et des drones lancés par les forces iraniennes.

Cette nouvelle escalade a conduit les marchés à réintégrer une importante prime de risque géopolitique dans les prix du pétrole. Les cours s’étaient pourtant repliés ces derniers jours après un accord provisoire ayant laissé espérer une normalisation progressive des exportations pétrolières dans le Golfe.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a récemment averti qu’une aggravation des tensions au Moyen-Orient pourrait compromettre les efforts de reconstitution des stocks mondiaux de pétrole au cours du second semestre 2026, alors que la demande reste soutenue.

Pour Saul Kavonic, analyste énergétique chez MST Marquee, la situation demeure extrêmement volatile. Selon lui, le conflit n’a pas encore dégénéré en guerre ouverte, mais les risques de perturbation durable des flux énergétiques demeurent élevés. Il estime que si les affrontements s’étendent et que davantage d’infrastructures pétrolières sont directement visées, le prix du Brent pourrait rapidement franchir le seuil symbolique des 100 dollars le baril.

L’inquiétude des marchés s’est encore renforcée après les frappes de représailles iraniennes contre plusieurs alliés des États-Unis au Moyen-Orient, notamment au Koweït, en Jordanie et au Qatar. L’attaque visant des installations de forage pétrolier au Koweït, une première contre des infrastructures énergétiques depuis plusieurs semaines, alimente les craintes d’un élargissement du conflit à l’ensemble des installations pétrolières du Golfe, avec des conséquences potentiellement majeures pour l’approvisionnement énergétique mondial.

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