JS Kabylie : dans la fièvre du mercato, une course contre le temps pour sauver l’ossature
À Tizi Ouzou, la préparation de la JS Kabylie ressemble moins à une construction sereine qu’à une course contre le temps, dans un climat où chaque rumeur prend l’allure d’une menace. L’ossature de l’équipe est censée être préservée, mais les départs potentiels pèsent comme une ombre sur le projet sportif 2026‑2027, tandis que la direction jure que le mercato est « loin d’avoir livré son verdict » — comme si le pire restait à venir.
Le porte-parole du club, Kamal Yesli, assure que la direction « continue de tout mettre en œuvre » pour convaincre Zinedine Belaïd de rester. Derrière ces mots rassurants se dessine pourtant un scénario de rupture : des informations évoquent un départ imminent vers le championnat saoudien, avec la possibilité pour le défenseur international de lever sa clause libératoire. Les Canaris s’accrochent à l’idée de le garder, mais chaque discussion sonne comme un ultimatum. Pour la JSK, perdre Belaïd, présenté comme l’un des piliers du projet, reviendrait à voir s’effondrer un pan entier de l’édifice.
Autre point de friction, l’avenir de Ayman Mahious. Le club a tenu à mettre fin aux spéculations, Kamal Yesli démentant catégoriquement l’existence d’un accord avec le MC Alger prévoyant un échange entre l’attaquant kabyle et deux joueurs du Doyen. « Ces rumeurs sont totalement infondées », martèle-t-il, ajoutant que Mahious fait toujours partie de l’effectif et reste « pleinement engagé » avec la JSK. Mais dans les couloirs des réseaux sociaux, l’information circule toujours, comme une ulcération qui ne guérit pas.
Côté recrutement, la direction parle d’un travail « actif » avec le staff technique, de plusieurs profils étudiés pour renforcer les postes jugés prioritaires. Le discours officiel vante l’expérience et la qualité, la stabilité et la cohésion du groupe. Mais derrière cette communication mesurée, on sent une équipe qui cherche à se protéger plus qu’à s’affirmer, comme si chaque signature pouvait être un coup de poker aux conséquences lourdes.
Kamal Yesli a également démenti les annonces de signatures imminentes de certains joueurs dont les noms enflamment les réseaux sociaux. Ces pistes, assure-t-il, ne correspondent pas aux dossiers réellement suivis. La direction, dit-il, privilégie la discrétion pour mener ses négociations à bien — une opacité qui peut autant rassurer qu’inquiéter, dans un marché où le silence cache parfois les pires renoncements.
Enfin, le porte-parole n’a pas écarté l’arrivée d’un ou plusieurs joueurs étrangers avant la fin du mercato. « Cette option reste à l’étude », lâche-t-il, comme une porte entrouverte sur un dernier pari. Si le club y voit un moyen de renforcer l’équipe et de répondre à ses ambitions, chaque nouveau nom pourrait aussi signifier une nouvelle redistribution des cartes, et peut-être le départ d’un autre.
