Hongrie : sous la pression du Premier ministre Péter Magyar, le président Tamás Sulyok signe sa propre destitution
Le président hongrois Tamás Sulyok a accepté de signer l’amendement constitutionnel mettant fin à son mandat, ouvrant ainsi la voie à son départ de la présidence de la République. Cette décision constitue une victoire politique majeure pour le Premier ministre Péter Magyar, arrivé au pouvoir après sa large victoire électorale face à Viktor Orbán.
Après plusieurs jours de résistance, Tamás Sulyok a annoncé samedi, dans un message publié sur les réseaux sociaux, qu’il renonçait à engager un bras de fer institutionnel avec le nouveau gouvernement. L’ancien président de la Cour constitutionnelle a expliqué qu’il ne disposait d’« aucun moyen constitutionnel » pour empêcher l’entrée en vigueur d’un amendement qu’il juge pourtant contraire aux principes fondamentaux de la Constitution.
« Je remplis mon obligation en vertu de la Loi fondamentale, en conscience, après avoir évalué toutes les options juridiques dont je disposais », a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur Facebook.
Élu président de la République en 2024 grâce à la majorité parlementaire du Fidesz de Viktor Orbán, Tamás Sulyok était depuis plusieurs mois dans le viseur du nouveau pouvoir. Péter Magyar, qui le qualifiait de « marionnette » de son prédécesseur, avait réclamé son départ dès son arrivée au pouvoir, estimant que les principales institutions de l’État demeuraient sous l’influence de l’ancien gouvernement.
Pour obtenir son départ, la majorité parlementaire du parti Tisza a adopté, le 13 juillet, un amendement constitutionnel prévoyant la fin immédiate du mandat du chef de l’État. Face au refus initial de Tamás Sulyok de promulguer le texte, Péter Magyar avait menacé de lancer une procédure de destitution, faisant monter la tension entre la présidence et le gouvernement.
Malgré le soutien affiché de Viktor Orbán et les critiques de plusieurs organisations de défense des droits humains, qui ont dénoncé une réforme susceptible d’affaiblir les garanties de l’État de droit, le président a finalement choisi de ne pas prolonger la confrontation.
Cette décision permet au Premier ministre d’éviter une crise institutionnelle majeure. Péter Magyar a salué la signature de l’amendement, estimant que « le dernier obstacle à la mise en œuvre de nos décisions communes a été levé ».
Le Parlement hongrois devrait désormais élire un nouveau président de la République, chargé d’assurer la transition jusqu’à l’adoption de la nouvelle Constitution promise par le gouvernement de Péter Magyar. Celle-ci doit marquer une rupture avec l’architecture institutionnelle mise en place durant les seize années de pouvoir de Viktor Orbán.
