Incendies en Algérie : l’État brandit la thèse du sabotage pour masquer son incurie logistique

Incendies en Algérie : l’État brandit la thèse du sabotage pour masquer son incurie logistique

La machine administrative tourne à plein régime pour dissimuler un fiasco de gestion publique. Face aux incendies dévastateurs qui ravagent le nord du pays et qui ont coûté la vie à au moins six citoyens, les autorités appliquent une stratégie politique éculée : fabriquer des boucs émissaires pour masquer l’absence de préparation de l’État. L’annonce ultra-médiatisée du placement en détention de quatre prétendus pyromanes par le pôle criminel de Sidi M’Hamed apparaît comme une tentative de diversion pour étouffer le véritable scandale de la faillite des secours.
L’argument du complot subversif et du sabotage coordonné peine à convaincre face à une canicule prévisible et à des infrastructures de protection civile démunies. Brandir l’article 87 bis du Code pénal et agiter le spectre de la peine de mort contre des suspects sert à masquer la réalité du terrain.
Le pouvoir occulte ainsi son incapacité à acquérir une flotte de canadairs suffisante et à déployer les moyens de prévention indispensables pour protéger les populations rurales des feux récurrents.
Ce n’est pas le sabotage qui détruit le patrimoine forestier algérien, mais l’incompétence structurelle d’un système défaillant. En criminalisant cette crise pour saturer l’espace médiatique, l’État tente d’échapper à sa responsabilité logistique directe.
La colère sociale ne s’éteindra pas face à ces versions officielles commodes : les citoyens n’attendent pas des coupables désignés à la hâte pour préserver les ministères, mais des équipements de secours modernes et une gouvernance transparente.

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