Après les avoir asservis, les généraux disent aux Algériens : « Remerciez Dieu pour la grâce de l’oxygène gratuit »

Après les avoir asservis, les généraux disent aux Algériens : « Remerciez Dieu pour la grâce de l’oxygène gratuit »

Alors que vous êtes assis devant votre petit écran, suivant l’actualité des forums internationaux, vous entendez le discours du Secrétaire Général du Ministère des Affaires Étrangères, Lounès Magramane, qui souligne l’importance de renforcer les partenariats internationaux basés sur la coopération, la solidarité et l’action entre les États pour traiter les causes profondes des crises auxquelles sont confrontés les pays. Et nous, nous nous faisons l’ennemi des pays voisins et des pays du continent, avec ou sans raison.

Le ministre charlatan a également appelé à accélérer la réforme de la structure financière internationale et à prendre l’expérience algérienne comme un modèle réussi à suivre et digne d’étude. Pendant ce temps, en Algérie, nous vivons encore au Moyen Âge, avec la dégradation des services de base, les coupures d’eau, d’électricité et d’internet, la rareté des légumes, des fruits, des viandes blanches et rouges, du poisson, et de tout ce qui est lié aux protéines ou au calcium et qui est bénéfique pour la santé du citoyen – tout cela est inexistant chez nous.
Et nous remercions Dieu pour la seule chose qui existe en abondance : la grâce divine de l’oxygène. C’est le seul produit encore disponible chez nous et que nous consommons gratuitement, sans qu’il soit contrôlé par les mains sales des généraux. Pendant ce temps, le bouffon de la junte s’exprime sous la coupole des Nations Unies, avec une éloquence et une confiance absolues, sur les partenariats, la solidarité et la réforme du système financier mondial. Vous méditez sur ces termes pompeux et ces mots brillants, puis vous regardez autour de vous dans le pays pour découvrir que votre plus grand souhait à cet instant n’est pas la réforme du Fonds Monétaire International (FMI), mais simplement le retour de l’eau du robinet ou la stabilité du courant électrique, qui joue à cache-cache sans préavis ni rendez-vous précis. C’est le fossé éternel entre ce qui est dit dans les salles climatisées sous les lumières de New York et ce que vit le simple citoyen dans les wilayas du pays, qui tente de s’adapter aux exigences de la vie quotidienne avec le minimum de moyens disponibles. Alors que le modèle algérien est présenté au monde comme une preuve de succès et de développement légendaire, le Zawaali se retrouve à pratiquer des rituels primitifs pour combattre la chaleur et la sécheresse, comme s’il menait une expérience de coexistence avec la nature à des époques révolues. Les services de base se détériorent au point qu’obtenir une goutte d’eau potable ou un flux internet régulier devient une victoire populaire qui mérite d’être célébrée au cœur de la capitale. Pendant ce temps, les déclarations des responsables incompétents se succèdent pour affirmer que tout va bien et que le Zawaali vit mieux que le Français et l’Américain. Face à cette contradiction flagrante, on ne peut que sourire d’un sourire narquois et remercier Dieu pour l’oxygène gratuit qui continue de circuler dans les poumons sans avoir besoin d’une carte de rationnement ou de la médiation des militaires. Les paradoxes de la vie et l’écart entre les aspirations du réel vécu et le discours officiel de la junte des généraux, par la voix de sa marionnette Tebboune, l’affligé, resteront une matière riche pour la moquerie et une source de patience à la fois. Car se vanter de réformes majeures illusoires à travers les capitales mondiales pour couvrir les échecs et les lacunes est acceptable. Mais ce qui est encore plus beau, c’est de prêter attention aux petits détails qui font le quotidien du citoyen, qui protègent sa dignité, qui remplissent son ventre vide et étanchent sa soif. Au final, le citoyen patient continue de respirer l’oxygène disponible, attendant le jour où le langage des forums internationaux correspondra à la réalité de son réfrigérateur vide, de son robinet rouillé et de sa prise électrique défaillante dans sa maison délabrée.

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