Les Houthis revendiquent une frappe contre une raffinerie saoudienne : la mer Rouge devient un nouveau front de l’escalade régionale
Les Houthis du Yémen ont revendiqué dimanche une attaque de drone contre une raffinerie du géant pétrolier saoudien Aramco à Jazan, dans le sud-ouest de l’Arabie saoudite. Riyad a confirmé qu’un incendie s’était déclaré sur le site avant d’être maîtrisé, sans faire de victime.
Selon Yahya Saree, porte-parole militaire des Houthis, le mouvement rebelle a mené une « frappe précise » contre la raffinerie d’Aramco. Les autorités houthis présentent cette attaque comme une riposte aux incursions saoudiennes dans le nord-ouest du Yémen.
Le ministère saoudien de l’Énergie a, de son côté, indiqué qu’un incendie s’était déclaré à l’aube sur le site de Jazan. Les équipes de sécurité d’Aramco sont parvenues à éteindre rapidement les flammes et aucune victime n’a été signalée. Riyad n’a toutefois pas confirmé que l’incendie avait été provoqué par une attaque de drone.
La ville et la région de Jazan ne sont pas étrangères aux attaques des Houthis. Située à proximité de la frontière yéménite et donnant sur la mer Rouge, cette zone constitue un point particulièrement sensible pour les infrastructures énergétiques saoudiennes.
La revendication de dimanche intervient surtout dans un contexte de reprise des hostilités entre les Houthis et l’Arabie saoudite. Après plusieurs années de relative accalmie consécutive à la trêve de 2022, le front yéménite connaît désormais une nouvelle montée des tensions.
Fin juillet, les Houthis avaient annoncé un blocus visant les navires saoudiens en mer Rouge. Leur stratégie consiste désormais à élargir la pression au-delà du territoire yéménite, en menaçant directement les infrastructures et les intérêts économiques de leur principal adversaire régional.
Cette nouvelle attaque prend une dimension particulière dans un Moyen-Orient déjà profondément déstabilisé. Depuis le verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran, la mer Rouge est devenue encore plus stratégique pour le transport des hydrocarbures.
Une multiplication des attaques contre les installations énergétiques saoudiennes ou contre les navires circulant dans cette zone pourrait donc avoir des conséquences bien au-delà du conflit yéménite. Elle risque notamment d’alimenter les inquiétudes sur la sécurité des approvisionnements mondiaux en pétrole et de renforcer la pression sur les routes maritimes alternatives.
La situation est d’autant plus préoccupante que les Houthis ont récemment multiplié leurs opérations contre l’Arabie saoudite. Le mouvement avait déjà revendiqué des attaques contre des navires et des infrastructures saoudiennes, après une longue période durant laquelle les frappes contre le royaume avaient fortement diminué.
Parallèlement aux attaques contre l’Arabie saoudite, les Houthis ont intensifié leurs opérations contre les forces du gouvernement yéménite soutenu par Riyad.
Jeudi, au moins 58 soldats gouvernementaux auraient été tués dans une attaque contre un camp militaire dans le centre du Yémen. Cette offensive illustre la reprise des affrontements sur le terrain, alors que le conflit semblait avoir perdu de son intensité depuis plusieurs années.
