Pétrole : les cours reculent sous l’effet des prises de bénéfices et des nouvelles sanctions américaines contre l’Iran
Les cours du pétrole ont reculé d’environ 1 % lundi, sous l’effet de prises de bénéfices après les récentes hausses, mais aussi des inquiétudes liées aux nouvelles sanctions américaines attendues contre l’Iran.
Vers 23h08 GMT, le Brent cédait 94 cents, soit 1 %, à 93,45 dollars le baril. Le West Texas Intermediate (WTI) américain reculait pour sa part de 92 cents, soit 1,06 %, à 86,14 dollars.
Le marché reste suspendu aux prochaines annonces de Washington. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a menacé d’imposer à Téhéran « les sanctions les plus sévères jamais infligées ». Il doit tenir une conférence de presse lundi à 14 heures, heure de Washington, soit 18 heures GMT.
Au-delà de l’impact direct des sanctions, les investisseurs s’interrogent surtout sur leurs conséquences sur les exportations iraniennes et sur la sécurité des routes maritimes. Selon Crispus Nyaga, analyste chez EmpireFX, l’effet immédiat sur l’offre pourrait toutefois rester limité, les exportations iraniennes étant déjà fortement réduites par le blocus naval américain.
La situation pourrait néanmoins se détériorer si les tensions maritimes s’intensifiaient ou si Téhéran ripostait aux nouvelles mesures économiques américaines. Cette perspective intervient alors que le trafic dans le détroit d’Ormuz reste très inférieur à ses niveaux habituels.
Le détroit d’Ormuz demeure ainsi l’un des principaux facteurs de risque pour le marché pétrolier. Selon les données de Kpler, seulement sept cargos l’ont traversé jeudi, soit deux fois moins que la veille.
Avant le déclenchement des attaques américano-israéliennes contre l’Iran à la fin février, près d’un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié transitait par cette voie stratégique.
Alors que le conflit entre dans son sixième mois, les perturbations des flux énergétiques continuent donc de peser sur les perspectives du marché.
Dans ce contexte, les acteurs du secteur cherchent à diversifier les sources d’approvisionnement et les itinéraires d’acheminement. Les oléoducs, le pétrole de schiste américain, la remontée de la production vénézuélienne ainsi que les capacités des Émirats arabes unis pourraient contribuer à compenser une partie des perturbations.
Parallèlement, les offres de brut iranien destinées aux acheteurs chinois se raréfient, tandis que les prix progressent sous l’effet du durcissement des restrictions américaines.
Le marché pétrolier évolue ainsi entre deux forces opposées : les risques géopolitiques, qui menacent de perturber davantage l’offre mondiale, et la recherche de nouvelles sources d’approvisionnement, qui limite pour l’instant la pression haussière sur les cours.
