Pétrole : le Brent sous les 88 dollars, les espoirs de détente autour d’Ormuz font pression sur les prix
Les cours du pétrole poursuivent leur repli jeudi, pénalisés par les espoirs croissants d’une désescalade autour du détroit d’Ormuz. Les investisseurs misent sur une reprise des négociations diplomatiques entre l’Iran et ses voisins du Golfe, qui pourrait favoriser une réouverture progressive de cette voie maritime stratégique et permettre aux approvisionnements du Moyen-Orient de retrouver une partie de leur niveau normal.
Vers 00h04 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord cédait 60 cents, soit 0,7 %, à 87,24 dollars. Il enregistrait ainsi une quatrième séance consécutive de baisse. Le West Texas Intermediate (WTI) reculait également de 56 cents, soit 0,7 %, à 81,67 dollars, pour sa cinquième séance de repli consécutive.Sur l’ensemble de la semaine, le WTI accuse désormais une baisse d’environ 6 %, tandis que le Brent reste sous le seuil des 88 dollars.
La principale pression à la baisse vient des signaux diplomatiques en provenance de la région. L’Iran et Oman travailleraient à la finalisation d’un accord encadrant le contrôle et le transit dans le détroit d’Ormuz, selon une source iranienne de haut rang.
Cette perspective est particulièrement surveillée par les marchés. Le détroit constitue en effet l’un des principaux passages énergétiques de la planète, reliant les grands producteurs du Golfe aux marchés internationaux. Avant le déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, le 28 février 2026, cette voie maritime assurait le transit d’importantes quantités de pétrole et de gaz.
Depuis le début du conflit et les mesures iraniennes visant à limiter la navigation dans le détroit, les flux pétroliers auraient fortement diminué. Une réouverture, même progressive, pourrait donc entraîner une amélioration de l’offre mondiale et réduire la prime de risque intégrée dans les cours.
« Le pétrole brut a légèrement reculé alors que la perspective d’une réouverture du détroit d’Ormuz s’est améliorée grâce aux discussions en cours », a expliqué Daniel Hynes, stratège principal des matières premières chez ANZ. Mais selon lui, les inquiétudes concernant les pénuries restent importantes.
Le Premier ministre du Qatar doit également se rendre en Iran jeudi dans le cadre des efforts diplomatiques visant à relancer les discussions et à mettre fin à un conflit qui dure depuis plusieurs mois.
Malgré cet espoir de détente, les investisseurs restent prudents. Les négociations sont loin d’être garanties et les positions de Téhéran et de Washington demeurent profondément divergentes.
L’Iran continue de conditionner la réouverture complète du détroit à l’obtention de garanties et de concessions dans le cadre des négociations. Toute nouvelle escalade militaire pourrait ainsi provoquer un retournement brutal des cours.
Le marché a d’ailleurs montré sa nervosité jeudi : les prix ont d’abord progressé après des informations faisant état d’une intensification des tensions entre la Russie et l’Ukraine, avant de repartir à la baisse après les informations sur les avancées entre l’Iran et Oman.
Cette volatilité illustre la difficulté pour les investisseurs d’évaluer l’évolution de l’offre mondiale. Une amélioration de la circulation dans le détroit pourrait faire baisser les prix, mais une nouvelle perturbation des flux énergétiques aurait l’effet inverse.
