La FAF improvise encore et confie les Verts à deux entraîneurs algériens

La FAF improvise encore et confie les Verts à deux entraîneurs algériens

La situation de l’équipe nationale algérienne prend une tournure aussi surprenante qu’inquiétante. À quelques jours d’un stage décisif pour les qualifications de la Coupe d’Afrique des nations 2027, les Verts pourraient être dirigés par deux entraîneurs algériens, Ibrahim Hamdani et Antar Yahia. Une solution présentée comme provisoire, mais qui ressemble surtout à une nouvelle preuve de l’absence de préparation et de vision au sommet du football national.

Le départ de Vladimir Petkovic au début du mois d’août a laissé la sélection dans un vide technique difficilement acceptable. Alors que la Fédération algérienne de football négocie encore avec Roberto Martínez, elle se retrouve contrainte d’envisager une formule d’urgence pour affronter la Zambie et le Burundi. Deux rencontres importantes, transformées en laboratoire improvisé à cause d’un calendrier mal maîtrisé et d’une succession de décisions prises dans la précipitation.

Le choix d’Ibrahim Hamdani et d’Antar Yahia peut naturellement être défendu sur le plan humain. Les deux hommes connaissent le football algérien, les joueurs et les réalités de la sélection. Mais leur nomination dans de telles conditions soulève de lourdes interrogations. Hamdani devait s’occuper de l’équipe des moins de 21 ans, tandis qu’Antar Yahia était appelé à devenir l’adjoint du futur sélectionneur. Les voilà désormais propulsés sur le banc de l’équipe première, non pas au terme d’un projet mûrement réfléchi, mais parce que la Fédération ne semble pas avoir trouvé mieux.

Cette situation donne l’image d’une sélection sans direction claire. Un jour, Roberto Martínez est présenté comme la priorité. Le lendemain, deux techniciens locaux sont installés dans une position d’attente, comme si l’équipe nationale pouvait être dirigée au gré des négociations et des disponibilités. Même la liste élargie des joueurs aurait été préparée dans un contexte où le futur sélectionneur n’est toujours pas officiellement en fonction. Tout cela reflète une gestion à courte vue, où l’urgence remplace la stratégie.

Le plus grave n’est pas seulement l’identité des entraîneurs appelés à diriger les prochains matchs. Le véritable problème réside dans le message envoyé aux joueurs et aux supporters. Une équipe nationale ne peut pas fonctionner comme une structure provisoire, suspendue à un accord de dernière minute. Les cadres, à l’image de Riyad Mahrez, Rayan Aït-Nouri ou Aïssa Mandi, ont besoin d’un cadre stable, d’une méthode claire et d’une autorité pleinement établie. Ils ne peuvent pas préparer une échéance internationale en ignorant qui sera réellement responsable de leurs choix et de leur avenir sportif.

Si cette décision se confirme, elle constituera moins une surprise qu’un symptôme. Le symptôme d’une Fédération qui avance dans le brouillard, incapable d’anticiper le départ d’un sélectionneur et de garantir une transition digne de l’équipe nationale.

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