Le pétrole hésite entre tensions au Moyen-Orient et espoir de paix en Ukraine

Le pétrole hésite entre tensions au Moyen-Orient et espoir de paix en Ukraine

Jeudi 3 septembre, les prix du pétrole ont terminé en ordre dispersé, le marché restant partagé entre les risques de perturbation des approvisionnements au Moyen-Orient et les espoirs d’un règlement du conflit en Ukraine.

À la clôture des échanges, le Brent a reculé de 11 cents, soit 0,12 %, à 95,52 dollars le baril. À l’inverse, le WTI américain a progressé de 29 cents, soit 0,32 %, à 91,30 dollars.

Les marchés pétroliers ont connu une séance volatile, alors que les frappes américaines contre l’Iran et les nouvelles menaces israéliennes ont ravivé les inquiétudes concernant la sécurité des approvisionnements énergétiques au Moyen-Orient.

Selon les autorités iraniennes, les frappes américaines menées dans la nuit du 2 septembre ont fait plusieurs morts et blessés. Le Croissant-Rouge iranien a également fait état de victimes lors d’un incident survenu près du détroit d’Ormuz. Trois pilotes militaires iraniens auraient par ailleurs été tués, selon l’agence semi-officielle Tasnim.

Il s’agit de l’un des plus importants échanges de tirs entre Washington et Téhéran depuis juillet, renforçant les craintes d’une nouvelle dégradation de la situation dans une région stratégique pour le commerce mondial du pétrole.

Le vice-président américain J. D. Vance a déclaré que Washington ne comptait pas négocier avec Téhéran tant que l’Iran continuerait d’attaquer les navires commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz.

« Le marché surveillera si la frappe américaine de cette semaine constitue un événement isolé ou si elle se poursuit », estime Giovanni Staunovo, analyste de l’énergie chez UBS.

Les déclarations israéliennes alimentent également les tensions. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a de nouveau menacé de frapper les infrastructures militaires et civiles iraniennes, notamment les installations énergétiques, en cas d’attaque contre Israël.

Pour Ole Hansen, responsable de la stratégie des matières premières chez Saxo Bank, ces menaces ont contribué à soutenir les prix du pétrole.

À l’inverse, les signes d’une possible reprise des négociations entre Moscou et Kiev exercent une pression sur les cours.

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré le 3 septembre qu’un accord visant à mettre fin à la guerre en Ukraine restait possible. S’exprimant lors d’un forum économique dans l’Extrême-Orient russe, il a également affirmé que plusieurs pays, dont les États-Unis et la Chine, étaient prêts à soutenir les efforts en faveur d’un règlement pacifique.

Une éventuelle désescalade en Ukraine pourrait réduire les risques pesant sur les approvisionnements énergétiques russes. La reprise de la production et du raffinage en Russie contribuerait notamment à apaiser les craintes concernant l’offre mondiale de carburants.

Selon Phil Flynn, analyste principal du groupe Price Futures, une diminution des attaques contre les raffineries russes et un retour à la normale de la production pourraient ainsi réduire les inquiétudes liées à l’approvisionnement en carburants et peser sur les prix du pétrole.

Les données préliminaires sur le trafic maritime témoignent également de la nervosité des marchés. Seulement six navires de marchandises ont franchi le détroit d’Ormuz le 2 septembre, contre onze la veille, alors que la moyenne s’établissait autour de treize navires au cours des dix jours précédents.

Cette baisse du trafic renforce les inquiétudes concernant la sécurité des flux énergétiques à travers ce passage stratégique.

« Le marché pétrolier reste confronté à une offre relativement tendue, tandis que les stocks mondiaux continuent de diminuer, ce qui soutient les prix », souligne Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

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