Philippines : un tribunal ordonne l’arrestation de la vice-présidente Sara Duterte après des menaces contre Marcos

Philippines : un tribunal ordonne l’arrestation de la vice-présidente Sara Duterte après des menaces contre Marcos

La justice philippine a ordonné vendredi l’arrestation de la vice-présidente Sara Duterte, accusée d’avoir menacé de faire assassiner le président Ferdinand Marcos Jr., son épouse et son cousin. Cette nouvelle procédure judiciaire accentue la pression sur la fille de l’ancien président Rodrigo Duterte, déjà visée par une procédure de destitution au Sénat.

tribunal de Quezon City, dans la région métropolitaine de Manille, a délivré vendredi un mandat d’arrêt contre la vice-présidente philippine Sara Duterte. La décision intervient après le rejet par les juges d’une demande de ses avocats visant à retarder la procédure.

Sara Duterte est poursuivie pour trois chefs d’accusation de « menaces graves », liés à des déclarations faites en novembre 2024. À l’époque, elle avait affirmé avoir engagé un tueur à gages pour éliminer le président Ferdinand Marcos Jr., son épouse ainsi que son cousin Martin Romualdez, alors président de la Chambre des représentants, dans l’éventualité où elle-même serait assassinée.

La vice-présidente a depuis soutenu qu’elle n’avait fait qu’exprimer ses craintes pour sa sécurité dans un contexte de rupture avec son ancien allié politique. Son avocat, Paul Lawrence Lim, a assuré que sa cliente n’avait « aucune intention de se soustraire à la loi » et qu’elle continuerait à exercer les recours prévus par la justice.

Une caution d’environ 1 900 dollars pour chacun des trois chefs d’accusation a été fixée. Les autorités s’attendent ainsi à ce que Sara Duterte puisse éviter une détention immédiate en s’acquittant rapidement de cette somme.

Le ministère philippin de la Justice a confirmé l’existence du mandat d’arrêt, rejetant l’argument de la défense selon lequel la vice-présidente ne pouvait pas être poursuivie pénalement alors que les mêmes faits sont également examinés dans le cadre de la procédure de destitution.

Cette affaire intervient alors que Sara Duterte fait déjà face à une procédure de destitution devant le Sénat. La Chambre des représentants l’accuse notamment de faits liés à la corruption et à l’utilisation présumée de fonds publics, ainsi que de disposer d’une richesse dont l’origine n’aurait pas été suffisamment expliquée.

La procédure devant le Sénat dure depuis plusieurs semaines. Sara Duterte, qui rejette les accusations de malversations, risque une destitution qui compromettrait directement ses ambitions politiques, notamment une éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2028.
L’affrontement est d’autant plus spectaculaire que Sara Duterte et Ferdinand Marcos Jr. avaient fait campagne ensemble lors de l’élection présidentielle de 2022. Leur alliance politique s’est depuis transformée en une confrontation ouverte, faisant de leur rivalité l’un des principaux rapports de force de la politique philippine.

La situation est également liée au sort de l’ancien président Rodrigo Duterte, père de Sara Duterte. Il est actuellement détenu à La Haye par la Cour pénale internationale, où il doit répondre d’accusations liées à sa sanglante campagne antidrogue menée pendant sa présidence.

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