le pétrole s’emballe à 97 $ après les frappes US sur des tankers iraniens et la menace d’une « zone interdite »
Les prix du pétrole ont vivement progressé lundi 7 septembre, avant de se replier légèrement en fin de séance, après avoir touché leur plus haut niveau en près de sept semaines. Le Brent et le West Texas Intermediate (WTI) ont brièvement grimpé sous l’effet de craintes accrues de perturbation du détroit d’Ormuz, puis se sont stabilisés, les opérateurs cherchant à distinguer un nouvel épisode de tensions d’une véritable crise du transport maritime.
21h25, Selon Bloomberg, le baril de Brent a gagné environ 0,8% pour s’établir autour de 97 dollars, tandis que le WTI américain se maintenait au-dessus de 92 dollars le baril.
Plus tôt dans la journée, les deux références avaient atteint des sommets proches de leurs plus hauts niveaux en sept semaines, avant de céder une partie de ces gains, signe que le marché paie désormais une prime de risque, mais attend encore la confirmation d’une menace directe sur les flux.
L’élément déclencheur direct est venu de Téhéran. Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a déclaré dimanche que l’Iran instaurerait dans les prochains jours une « zone interdite » afin d’empêcher le passage de certains navires dans le détroit d’Ormuz et imposerait des sanctions aux navires qui enfreindraient cette interdiction. Selon ses déclarations à la télévision d’État, cette zone s’étendra « de la ligne du blocus naval américain jusqu’au détroit d’Ormuz et à des secteurs du golfe Persique ».
Cette annonce fait suite à une série d’attaques menées le week-end dernier par le Commandement central américain (CENTCOM) contre trois pétroliers liés à l’Iran, dont l’un se trouvait près de l’île de Kharg, principal terminal d’exportation iranien, qui concentre environ 90% des sorties de brut du pays. En représailles, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a affirmé avoir ciblé deux navires de guerre de l’US Navy avec des missiles balistiques, avant que Washington n’annonce la destruction d’un des tankers iraniens.
Pour les négociants en pétrole brut, une fermeture complète du détroit d’Ormuz n’est pas nécessaire pour que les perturbations se traduisent dans les prix. La simple perspective d’un renforcement des contrôles, de sanctions contre certains navires ou de zones réglementées peut ralentir le trafic, faire grimper les coûts d’assurance et contraindre les compagnies maritimes à dévier de leur route ou à patienter.
Les données de Kpler illustrent cette prudence opérationnelle accrue : en moyenne, seulement 10 navires transportant des matières premières ont traversé le détroit d’Ormuz par jour au cours des dix derniers jours, soit le niveau le plus bas depuis mai. Ce repli du trafic montre à quelle vitesse le marché est passé des chocs médiatiques à une logique de réduction concrète des risques logistiques.
La décision de l’OPEP+ ce week-end a encore complexifié la donne. Après six mois consécutifs de hausse de la production, l’organisation a décidé de maintenir son niveau de production d’octobre, éliminant ainsi une source potentielle d’approvisionnement supplémentaire dans un contexte de montée de la prime de risque au Moyen-Orient. Le marché est donc plus vulnérable aux perturbations du transport maritime, d’autant plus que le trafic dans le détroit d’Ormuz est déjà faible depuis dix jours et pourrait encore diminue
