Plus misérable que “La Vie de la Chèvre” : Comment les généraux ont transformé la vie des Algériens en enfer
Notre État vénéré, sous la houlette du travelo Tebboune, constitue un modèle unique en matière de géographie et de physique politique. C’est le seul pays au monde où les feux trouvent leur chemin avec une habileté et une précision extrêmes vers les cartes des wilayas rebelles et en colère. Comme si le feu possédait un œil clairvoyant et un sens dictatorial qui fait la distinction entre les régions soumises et celles en rébellion !
Quand le malheur s’abat sur notre Algérie, les médias officiels ne se contentent pas de minimiser la catastrophe ; ils la transforment, comme par magie, en un simple incident individuel dû à la hausse des températures. Ils insinuent que les chiffres recensés dans les listes de victimes ne sont que des nombres exagérés, colportés par des démons humains. Et le plus beau de tout cela est le sens humanitaire élevé que possède le chef vénéré, qui le rend prêt à construire cinq hôpitaux thérapeutiques à Gaza, à pourvoir une femelle au dauphin blanc menacé d’extinction, et même à sauver les pays africains voisins qui vivent dans les files d’attente et l’austérité. Chez nous, en revanche, il se contente d’octroyer aux sinistrés un toit à ciel ouvert et une couche de boue sur le sol, renforçant ainsi le lien indéfectible de l’Algérien avec la vie d’une chèvre. Sur les chaînes des médias officiels corrompus, des philosophes de plateformes et des experts en destruction de la logique humaine nous servent des déclarations plus étranges que celles d’Ammi Tebboune en personne. Un célèbre homme de médias, connu parmi le peuple misérable pour sa soumission totale à Ammi Tebboune et à la issaba, et pour sa loyauté absolue à la clique du mal, a déclaré d’une voix enthousiaste à faire pleurer les pierres, devant un peuple qui brûle et se carbonise, tout en souriant : « Nous brûlons mais nous ne nous séparons pas ! Nous nous enflammons jusqu’à la mort et nous ne nous rendons pas ! » Ce sont là des expressions très inspirantes, à condition que l’orateur soit un spectateur depuis sa luxueuse demeure au Club des Pins, avec un climatiseur de fabrication allemande et un mobilier français somptueux. Quant au zaouali en proie aux flammes, il ajoute au fond de lui-même : « Nous avons faim et soif, et nous ne trouvons rien pour nettoyer nos saletés, mais l’important est qu’Ammi Tebboune soit en bonne santé. » Un autre ajoute : « Nous vendons notre chair et l’honneur de nos filles, nous avalons la douleur et patientons, et l’important est de ne pas admettre que les pays voisins vivent mieux que nous. » Et moi, j’ajoute : « Nos jeunes meurent sur les rives des mers à la recherche de la harga, et nous applaudissons la politique éclairée du travelo Tebboune. » Oui, c’est la philosophie du défunt Houari Boumédiène : « Meurs comme un rat, remplis ta bouche de terre, et vive l’Algérie, bon gré mal gré ! » Là où le deuil des victimes d’incendies est devenu une trahison nationale, et la revendication des droits minimaux à une vie décente une tentative d’exporter les crises et une haute trahison envers l’État. Car les morts de notre pays n’ont pas besoin de condoléances ni de compensation matérielle pour leurs proches ; les condoléances pourraient augmenter la désinvolture du peuple, et la compensation matérielle pourrait corrompre leur tempérament d’ascétisme et d’austérité. Le plus important et le plus bénéfique est que notre chef vénéré, le chien Tebboune, reste en bonne santé et que la issaba du mal continue de diriger le navire de l’Algérie, même si notre navire navigue dans une mer de gazole et est dévoré par les feux des généraux de toutes parts. En fin de compte, il semble que le zaouali ait compris le cycle de vie heureux qui lui est tracé chez nous : il doit naître pour souffrir et endurer, puis vivre pour applaudir et crier « Vive Ammi Tebboune ! » pour ensuite mourir, brûlé par les flammes ou noyé sur les rives des mers. Quant aux initiatives caritatives et aux projets gigantesques de la issaba des généraux, ils ont toujours la priorité hors de nos frontières, car les gens de la maison vivent de patience et de loyauté tissées des cendres des incendies. Alors, vivent les slogans ronflants, et que vivent Ammi Tebboune et sa issaba dans la Tour du Bonheur et le Club de la Sérénité, et que le peuple conserve son droit absolu de dormir sur la terre, car en fin de compte, ce n’est rien d’autre que la terre de la patrie….
