Syrie : une explosion meurtrière dans un dépôt d’armes à Sarmada fait au moins 14 morts
Le bilan s’est alourdi après l’explosion survenue mercredi dans un dépôt provisoire d’armes près de Sarmada, dans la province d’Idleb, au nord-ouest de la Syrie. La direction de la Santé d’Idleb a fait état de 14 morts et de 11 blessés, dans un bilan encore provisoire. Plusieurs employés du ministère syrien de la Défense figurent parmi les victimes.
Site, utilisé pour collecter et entreposer temporairement des armes et des restes de guerre, devait servir de point de stockage avant leur transfert vers d’autres emplacements. Le ministère de la Défense a confirmé la présence de ces équipements sur place, sans toutefois préciser leur nature ni les circonstances exactes ayant provoqué la déflagration.
La violence de l’explosion a rapidement transformé le dépôt en zone dangereuse. Plusieurs détonations secondaires ont suivi la première explosion, tandis que des incendies se sont propagés sur le site. D’épaisses colonnes de fumée noire étaient visibles au-dessus de la zone, selon un photographe de l’AFP présent sur place.
Les pompiers et les équipes de la défense civile ont dû progresser avec une extrême prudence. La présence de munitions et de différents vestiges explosifs a compliqué les opérations et retardé l’accès aux éventuelles victimes. Les explosions successives ont, dans un premier temps, empêché les secours d’intervenir normalement, selon le responsable de la défense civile de la région de Dana, Osama al-Moussa.
Les autorités syriennes n’ont pas encore établi l’origine de l’explosion. Aucune information officielle ne permet pour l’heure de déterminer s’il s’agit d’un accident lié aux conditions de stockage, d’une manipulation de munitions ou d’un autre incident.
Cette absence d’explication intervient alors que le dépôt regroupait précisément des armes et des restes de guerre destinés à être déplacés. La sécurisation de tels stocks représente l’un des défis les plus sensibles auxquels sont confrontées les nouvelles autorités syriennes depuis la fin du conflit.
Le bilan pourrait par ailleurs évoluer compte tenu de l’état du site et des opérations de secours. Les autorités sanitaires ont annoncé 14 morts et 11 blessés, tout en présentant ces chiffres comme provisoires.
L’explosion prend une dimension particulière à Idleb, province qui a constitué pendant des années l’un des principaux foyers de la guerre civile syrienne. À partir de 2011, la région est progressivement devenue un refuge pour de nombreux groupes rebelles et djihadistes, ainsi que pour des combattants venus de l’étranger.
Les combats y ont laissé une quantité considérable d’armes, de munitions et de matériels militaires. La province a également accueilli au fil des années des combattants et des populations déplacées depuis d’autres régions de Syrie, à mesure que le gouvernement de Bachar al-Assad reprenait le contrôle de plusieurs territoires.
La fin du pouvoir d’Assad n’a pas fait disparaître les conséquences matérielles de la guerre. Dans plusieurs régions, des armes et des munitions sont encore stockées dans des conditions héritées du conflit, tandis que d’autres équipements restent dispersés dans des zones anciennement contrôlées par différentes factions.
L’explosion de Sarmada n’est d’ailleurs pas un événement isolé. Les dépôts d’armes continuent de représenter un danger dans la province d’Idleb.
En septembre, cinq personnes avaient été tuées et plusieurs autres blessées à Binnish dans l’explosion d’un véhicule transportant des munitions. D’autres accidents avaient également frappé des installations contenant des armes au cours des derniers mois.
En novembre, une explosion dans un dépôt d’armes à Kafr Takharim avait fait cinq morts parmi les civils et neuf blessés, selon les forces de sécurité. En août 2025, quatre personnes avaient également perdu la vie dans l’explosion d’un dépôt d’armes situé à la périphérie de la ville d’Idleb.
La répétition de ces accidents souligne la difficulté de gérer les arsenaux accumulés pendant les années de guerre. La multiplication des groupes armés, les changements successifs de contrôle territorial et les déplacements de combattants ont laissé derrière eux un patrimoine militaire particulièrement difficile à inventorier et à sécuriser.
