Pétrole : le baril repasse au-dessus de 100 dollars, une première depuis juillet
Les cours mondiaux du pétrole ont poursuivi leur flambée mercredi 9 septembre 2026, bondissant de près de 4 % pour franchir de nouveau la barre symbolique des 100 dollars le baril, une première depuis juillet. À la clôture, le Brent de la mer du Nord s’est établi à 101,80 dollars, en hausse de 3,99 %, tandis que le WTI américain a progressé de 3,25 %, à 96,05 dollars. Une nouvelle poussée qui fait planer la menace d’un choc énergétique sur les carburants, les transports et les prix à la consommation.
Cette envolée est directement liée à la brusque aggravation de la confrontation militaire entre les États-Unis et l’Iran dans et autour du détroit d’Ormuz. En quelques jours, les affrontements ont gagné les routes maritimes et les infrastructures énergétiques, faisant ressurgir le risque d’une perturbation durable des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient.
Téhéran a immédiatement durci sa riposte. Le 9 septembre, les Gardiens de la révolution ont affirmé avoir mené des attaques contre des navires américains et plusieurs pétroliers dans le détroit d’Ormuz. L’Iran a également revendiqué des tirs de missiles contre des cibles militaires américaines en Jordanie, élargissant encore le périmètre de la confrontation.
Dans le même temps, les Houthis du Yémen ont intensifié leurs attaques contre des installations énergétiques saoudiennes. Des sites de Saudi Aramco à Abha, Najran et Jazan ont été touchés, provoquant des incendies et des interruptions d’activité.
Le risque géopolitique s’est ainsi propagé du golfe Persique à la mer Rouge et à la péninsule arabique. Les attaques ne visent plus seulement les navires militaires : les pétroliers, les terminaux et les installations énergétiques sont désormais directement exposés.
La Chine, notamment, aurait de nouveau accru ses achats de pétrole saoudien après avoir initialement réduit ses importations face à la flambée des cours et puisé dans ses réserves. Cette reprise de la demande ajoute une pression supplémentaire sur un marché déjà sous tension.
Le retour du Brent au-dessus de 100 dollars constitue désormais un signal d’alerte pour les consommateurs. Lorsque le brut augmente durablement, la hausse finit par se transmettre à l’essence, au diesel et au kérosène.
Le transport routier est particulièrement exposé. Une hausse du diesel renchérit les coûts des entreprises de livraison et de logistique, avec des conséquences sur le prix des marchandises. L’aérien subit lui aussi directement la hausse du kérosène, l’un des principaux postes de dépenses des compagnies.
Pour l’heure, toutefois, le marché regarde vers le haut. Plusieurs établissements financiers ont relevé leurs prévisions alors que la poursuite des attaques contre les navires fait craindre une aggravation des perturbations.
