Dans l’Algérie Nouvelle, le siège de la responsabilité est confié aux plus corrompus
Dans notre Algérie sinistrée, où le pays est régi par des lois de la physique inversées, le choix des responsables ne répond plus à des critères tels que la compétence, l’intégrité ou même le minimum de compréhension humaine. La bonne gouvernance, sous la sage direction du falot Tebboune, a dépassé ces concepts classiques ennuyeux et a inauguré l’école du chaos enchanteur, où le mérite se mesure à la capacité du responsable à corrompre, à étouffer les citoyens et à piétiner leurs rêves sous les bottes lourdes des militaires.
L’histoire commence à ce moment historique où notre dirigeant inspiré, le chien Tebboune, a décidé de nommer un ancien général au rang d’« expert en viol d’opposants ». Celui-ci, au dossier bien rempli, possède un historique éclatant de tyrannie et d’écrasement de l’opposition, pour présider le Conseil National des Droits de l’Homme. Au premier abord, cela pourrait ressembler à une blague de mauvais goût, mais c’est en réalité un génie militaire que seuls les piliers de la tyrannie peuvent comprendre. Qui est plus apte à protéger les droits des petites gens qu’un général sanguinaire qui sait comment les écraser avec une précision extrême ? Qui connaît mieux les secrets des droits que celui qui en a fait sa spécialité de les confisquer ? Le bourreau est devenu le gardien des libertés, et brûler les familles des opposants n’est plus qu’une perspective audacieuse dans la littérature de la nouvelle tolérance. Et puisque la créativité militaire ne s’arrête pas là, un soutien rapide est venu avec la nomination d’un ministre de haute volée. Sa « brillance » n’a trouvé de solution aux revendications légitimes du peuple en matière d’eau, d’électricité et de dignité qu’en leur criant sa célèbre formule : « Celui à qui la situation du pays ne plaît pas, qu’il nous quitte sans regrets ». En raison de cette vision économique percutante et de cette capacité extraordinaire à résoudre les crises démographiques par la déportation forcée, il a été immédiatement récompensé par une promotion au poste de ministre de l’Agriculture dans le nouveau gouvernement des ratés. Et que l’on nous dise comment celui qui considère son peuple comme une simple mauvaise herbe à arracher et à bannir au-delà des frontières va cultiver la terre. C’est la philosophie de la bande des généraux : au lieu de réparer la terre, de construire et de progresser, changeons d’abord ce peuple misérable, car la faute lui incombe. Et si tu n’es pas satisfait de ta part de déchets, les frontières sont larges et la mer est devant toi. En guise de conclusion à cette tragi-comédie, nous découvrons que nous ne vivons pas une simple corruption ordinaire qui pourrait être corrigée, mais bien un « surréalisme politique » complet. Un président usurpateur, arrivé sur le dos d’un char blindé, entouré de la bande du mal, distribue des indulgences et des postes prestigieux comme on distribue des armes à sa suite lors des guerres civiles et de la Décennie Noire. Un gouvernement de voleurs traite l’Algérie comme sa propriété privée, et un peuple marche entre eux sur un fil tendu au-dessus d’un abîme de désespoir et de tristesse. Pourtant, le plus étonnant dans ce tableau est que ce régime, malgré toute sa puissance, reste terrifié par un mot, par la satire, et par une simple vérité : l’histoire des nations n’a jamais enregistré la survie éternelle d’un siège géré par la ruse et les complots, ni celle d’un vieux général qui pense que les nations se remplacent comme on remplace des chaussures et des chaussettes trouées.
