Gaza : le Conseil de la paix propose 2,45 milliards de dollars pour lancer la reconstruction sur six mois
Le Conseil de la paix soutenu par les États-Unis a présenté un plan de 2,45 milliards de dollars destiné à engager, sur une période de six mois, les premières opérations de reconstruction et de réorganisation de la bande de Gaza, alors que les besoins du territoire sont évalués à plusieurs dizaines de milliards de dollars.
Réuni en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le Conseil pour la paix a dévoilé un programme comprenant 66 projets consacrés aux besoins les plus urgents de la population et à la remise en état des infrastructures. Le logement, l’électricité, la gestion des déchets, les services de santé et la relance économique figurent parmi les principaux secteurs ciblés.
Cette enveloppe de 2,45 milliards de dollars doit permettre de financer une première phase de six mois. Elle reste toutefois très inférieure aux besoins nécessaires pour assurer la reconstruction complète du territoire. Selon les estimations présentées par le Conseil, environ 71,4 milliards de dollars seraient nécessaires sur dix ans pour mener à bien le redressement et la reconstruction de Gaza.
Le défi est également financier. Sur les 18 milliards de dollars de contributions et de promesses annoncés jusqu’à présent, seuls 280 millions de dollars auraient effectivement été versés. Le Conseil doit donc encore mobiliser d’importantes ressources auprès des pays susceptibles de participer au financement du programme.
Le plan prévoit notamment des fonds pour fournir des logements temporaires aux personnes déplacées, évacuer les gravats et les munitions non explosées, remettre en état des infrastructures essentielles et restaurer certains services publics. L’électricité, l’eau, les routes et les établissements de santé figurent parmi les priorités de cette première phase.
Une partie importante du programme concerne également la sécurité et la future administration du territoire. Le Conseil souhaite accompagner la mise en place d’une gouvernance palestinienne technocratique et créer les conditions nécessaires au rétablissement progressif des services publics.
Le volet sécuritaire constitue l’un des aspects les plus sensibles du projet. La mise en œuvre du programme suppose en effet de garantir la protection des équipes chargées de la reconstruction, mais aussi de parvenir à des arrangements concernant la présence des forces armées et le désarmement des groupes palestiniens.
Jared Kushner, membre du conseil exécutif et gendre du président américain Donald Trump, a reconnu que le projet avait connu plusieurs retards. Il a toutefois affirmé que l’objectif de la réunion était de démontrer l’engagement du Conseil à faire avancer concrètement le processus.
L’émissaire américain Steve Witkoff, également présent à New York, a pour sa part affirmé que le groupe avait enregistré des progrès au cours de l’année écoulée. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a indiqué que plusieurs pays avaient déjà manifesté leur volonté de participer financièrement à l’effort, tout en précisant que Washington cherchait encore d’autres contributeurs.
L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, membre du Conseil de la paix, a également souligné l’ampleur de la responsabilité qui incombe aux participants. La mobilisation internationale apparaît d’autant plus importante que l’écart entre les besoins estimés et les fonds actuellement disponibles reste considérable.
Au-delà de la question financière, le projet se heurte à plusieurs obstacles politiques. La sécurité, la gouvernance de Gaza et les relations entre les responsables israéliens et palestiniens devront notamment être réglées pour permettre la mise en œuvre des différents programmes.
La question du Hamas demeure également centrale. Le mouvement palestinien a accepté le principe d’une gouvernance confiée à des technocrates palestiniens et s’est dit favorable à un projet de désarmement sous certaines conditions. Israël exige pour sa part le désarmement du Hamas et maintient que ses forces doivent rester à Gaza tant que cet objectif n’est pas atteint.
Le Conseil pour la paix a été créé dans le cadre du plan en 20 points présenté par Donald Trump pour Gaza. Initialement consacré au territoire palestinien, son champ d’action a depuis été élargi à d’autres conflits internationaux.
Le programme de 2,45 milliards de dollars constitue ainsi une première étape, et non le financement complet de la reconstruction. Sa mise en œuvre dépendra à la fois de la mobilisation des donateurs, de la situation sécuritaire et des arrangements politiques destinés à définir la future gouvernance de Gaza.
Avec des besoins estimés à 71,4 milliards de dollars sur dix ans, le financement annoncé ne représente qu’une fraction de l’effort nécessaire. Le véritable défi pour le Conseil de la paix sera désormais de transformer cette première enveloppe en projets concrets tout en réunissant les ressources et les garanties politiques indispensables à une reconstruction durable du territoire.
