Pétrole : le baril dépasse 105 dollars, les espoirs diplomatiques s’éloignent au Moyen-Orient
Les cours du pétrole ont nettement progressé jeudi 24 septembre 2026, faute d’avancées diplomatiques vers une résolution de la guerre au Moyen-Orient lors de l’Assemblée générale de l’ONU et dans un climat de tensions ravivées entre l’Iran et les États-Unis. Vers 09H30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, prenait 2,21% à 105,36 dollars, tandis que son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), gagnait 1,73% à 93,75 dollars le baril.
Cette hausse intervient après plusieurs séances de forte volatilité, le Brent ayant déjà franchi la barre symbolique des 100 dollars plus tôt dans le mois, sous l’effet conjugué des attaques dans le détroit d’Ormuz et de la reprise de l’offensive des rebelles houthis du Yémen en mer Rouge. À la clôture de jeudi, le Brent a même terminé à 106,60 dollars (+3,41%) et le WTI à 94,61 dollars (+2,66%), confirmant la nervosité des marchés face à l’absence de signes concrets de désescalade.
Le blocage partiel du détroit d’Ormuz et le conflit entre les Houthis et l’Arabie saoudite continuent de limiter la capacité d’exportation des pays du Golfe et de renchérir les coûts du transport maritime dans la région. Environ 12% du commerce mondial de pétrole transite par les détroits stratégiques de la zone (Ormuz et Bab el-Mandeb), et toute perturbation durable se répercute immédiatement sur les primes d’assurance, les itinéraires des tankers et, in fine, sur les prix du brut.
Sur le plan diplomatique, le fossé entre Washington et Téhéran reste profond, malgré des signaux plus positifs en début de semaine. Un conseiller du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a mis en garde jeudi contre une extension de la guerre « jusqu’à l’océan Indien » en cas de nouvelle attaque des États-Unis contre l’Iran. Mercredi à la tribune de l’ONU, le président iranien, Massoud Pezeshkian, avait déjà répondu aux menaces de Donald Trump d’« annihiler » l’Iran en affirmant que « la résistance du peuple iranien ne fera que s’intensifier face aux sanctions, à la pression croissante et à l’intimidation grandissante ».
« Cela souligne à quel point le fossé entre les États-Unis et l’Iran reste profond, malgré des signaux diplomatiques plus positifs au début de la semaine », explique Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management, qui juge peu probable un accord avant les élections de mi-mandat aux États-Unis. Pour plusieurs analystes, faire monter les prix du pétrole et, par ricochet, ceux des carburants aux États-Unis, est devenu un moyen de pression important pour Téhéran à l’approche de cette échéance politique.
La répercussion sur les prix à la pompe est déjà tangible. Le prix moyen national du gazole routier aux États-Unis atteignait 6,529 dollars par gallon pour la semaine du 21 septembre, selon l’Energy Information Administration, contre 5,454 dollars le 17 août, un niveau record qui alimente un vif débat à Washington. Donald Trump s’est dit « ouvert » à une interdiction temporaire des exportations de diesel pour faire baisser les prix intérieurs, et le média Politico a rapporté que l’administration préparait un projet visant à bloquer ces exportations pendant 90 jours, information que la Maison Blanche a ensuite minimisée auprès d’autres médias.
Un tel blocage pourrait en effet faire baisser les prix du gazole à court terme aux États-Unis, mais les ferait bondir pour les importateurs, notamment en Europe, qui a accru sa dépendance à Washington sur les produits raffinés. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a d’ailleurs estimé mercredi qu’une interdiction des exportations de diesel « ne fonctionnerait pas » et risquerait de renchérir l’essence et le carburéacteur, en perturbant les arbitrages mondiaux du raffinage.
