Tunisie : la répression s’étend, 15 arrestations et des poursuites contre les soutiens de la Flottille de la Liberté

Tunisie : la répression s’étend, 15 arrestations et des poursuites contre les soutiens de la Flottille de la Liberté

La pression judiciaire s’étend en Tunisie autour de l’affaire de la Flottille de la Liberté. Quinze personnes ont été arrêtées dans les heures ayant suivi une marche organisée le 19 septembre à Tunis pour réclamer la libération de quatre militants détenus, tandis que les poursuites visant leurs soutiens prennent une nouvelle ampleur. Selon leur comité de défense, certaines arrestations ont concerné des participants à la manifestation, mais aussi des personnes interpellées à leur domicile ou lors de leurs déplacements.

La mobilisation avait réuni des centaines de personnes dans les rues de la capitale. Les manifestants réclamaient la libération de Wael Nawar, Ghassan Al-Henshiri, Ghassan Al-Boughdiri et Nabil Al-Shanoufi, quatre membres tunisiens de la Flottille de la Liberté maintenus en détention dans le cadre d’une enquête financière. Le 11 septembre, la justice tunisienne avait prolongé leur détention préventive de quatre mois supplémentaires.

La situation s’est encore tendue avec l’arrestation de 15 personnes dans le sillage de la marche. Deux ont été libérées, tandis que les autres ont été présentées devant le parquet selon les informations communiquées par la défense. Celle-ci affirme que les interpellations ne se sont pas limitées aux seuls participants au rassemblement et fait état de perquisitions nocturnes.

La procédure concerne également un mineur, Adam Mubarak, dont le dossier a été transmis au juge pour enfants selon les informations rapportées par la défense. Son cas a suscité l’inquiétude d’organisations et de militants qui demandent que son âge et sa situation scolaire soient pris en compte.

Au centre de cette affaire figurent les quatre militants toujours détenus. Les autorités judiciaires leur reprochent notamment des irrégularités financières liées aux activités de la Flottille, tandis que leurs avocats rejettent ces accusations et réclament leur libération. Les quatre détenus observent par ailleurs une grève de la faim pour protester contre le maintien de leur détention.

Le cas de Wael Nawar cristallise particulièrement les inquiétudes. L’activiste a entamé une grève de la faim le 16 août et son état de santé s’est progressivement dégradé. Ses soutiens affirment que sa situation est devenue préoccupante alors qu’il poursuit son mouvement pour obtenir sa libération.

La marche du 19 septembre devait initialement porter la revendication de libération des quatre détenus. Elle a finalement été suivie d’une série d’arrestations qui élargit désormais le dossier aux personnes mobilisées en leur faveur. Des organisations de la société civile et des associations de défense des droits ont appelé à leur libération et à l’arrêt des poursuites.
Cette nouvelle séquence intervient dans un climat déjà marqué par des critiques d’organisations de défense des droits humains concernant la multiplication des arrestations, des poursuites et des détentions préventives en Tunisie. Les autorités tunisiennes rejettent toutefois les accusations selon lesquelles la justice serait utilisée pour réduire au silence les opposants ou les acteurs de la société civile et affirment que les procédures sont conduites conformément à la loi.

Avec les 15 arrestations enregistrées autour de la mobilisation, l’affaire de la Flottille de la Liberté ne se limite donc plus au sort des quatre militants détenus. Elle s’étend désormais à ceux qui se mobilisent publiquement pour leur libération, faisant monter la tension autour d’un dossier qui suscite des réactions croissantes au sein de la société civile tunisienne.

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