Corée du Nord : Kim Jong-un accélère la modernisation de son arsenal avec des drones et des missiles
Pour la première fois, selon les médias nord-coréens, l’armée de Kim Jong-un a organisé en septembre 2026 des exercices associant drones d’attaque, missiles, roquettes et artillerie lourde. Ces manœuvres traduisent la volonté de Pyongyang de renforcer la coordination de ses différents systèmes d’armes et d’adapter ses méthodes de combat aux évolutions observées sur les champs de bataille contemporains, notamment en Ukraine.
La Corée du Nord multiplie ainsi les démonstrations de force au moment où elle poursuit la modernisation de ses capacités militaires. Les exercices récents interviennent également dans un contexte de rapprochement approfondi avec la Russie, qui a fourni à Pyongyang une nouvelle profondeur stratégique tout en bénéficiant de livraisons nord-coréennes de munitions et de missiles.
Selon les médias d’État nord-coréens, les forces de Pyongyang se sont entraînées à coordonner plusieurs catégories d’armes afin de concentrer leurs frappes sur une même cible. L’objectif affiché est de perfectionner ce que les autorités nord-coréennes présentent comme une « concentration des feux », destinée à désorganiser les capacités militaires adverses.
Cette approche repose sur la multiplication des vecteurs d’attaque. Drones, missiles, roquettes et pièces d’artillerie peuvent être employés simultanément ou successivement afin de compliquer le travail des systèmes de défense aérienne. En théorie, l’utilisation de projectiles présentant des vitesses, des trajectoires et des profils de vol différents peut obliger l’adversaire à mobiliser plusieurs moyens d’interception au même moment.
Cette évolution intervient alors que la guerre en Ukraine a largement illustré l’importance croissante des drones dans les opérations militaires. Leur emploi conjoint avec des missiles et l’artillerie permet notamment de multiplier les attaques à moindre coût et de rechercher les failles dans les dispositifs de défense.
Les autorités sud-coréennes ont indiqué que deux missiles de courte portée avaient été tirés depuis la région de Wonsan. Selon Séoul, ils ont parcouru environ 450 et 600 kilomètres. Pyongyang a, de son côté, diffusé des données beaucoup plus élevées, faisant état d’une trajectoire de 908,2 kilomètres et d’une vitesse de 2 146 mètres par seconde, soit environ Mach 6,3. Ces chiffres n’ont toutefois pas été confirmés de manière indépendante.
Le Hwasong-11Ma-1 semble associer un missile balistique de courte portée à un véhicule planeur hypersonique. Une telle configuration vise à combiner une vitesse élevée avec une trajectoire plus difficile à anticiper qu’une trajectoire balistique classique. Des analystes soulignent toutefois que les capacités réellement opérationnelles du système restent difficiles à établir à partir des seules annonces nord-coréennes.
Kim Jong-un, qui a supervisé l’essai avec sa fille Kim Ju-ae, a présenté ce test comme une avancée dans la modernisation des forces armées nord-coréennes. Les images diffusées par Pyongyang montrent également les données de vol du missile, une manière pour le régime de mettre en avant les progrès technologiques de son arsenal.
La multiplication des exercices combinant différents moyens d’attaque intervient dans un environnement militaire profondément transformé par la guerre en Ukraine. Depuis 2022, les forces russes et ukrainiennes utilisent massivement drones, missiles de croisière, missiles balistiques et artillerie pour tenter de saturer ou de contourner les défenses adverses.
Pour Pyongyang, l’observation de ce conflit constitue une source d’enseignements sur l’emploi simultané de systèmes d’armes très différents. La Corée du Nord dispose encore d’un important arsenal issu de l’époque soviétique, mais cherche parallèlement à développer des systèmes plus mobiles, plus précis et plus difficiles à intercepter.
Cette modernisation concerne également l’automatisation. Kim Jong-un avait déjà affiché en 2026 sa volonté d’intégrer davantage de technologies d’intelligence artificielle dans les systèmes militaires autonomes. L’objectif affiché par Pyongyang est de renforcer la rapidité de décision et la capacité de ses armes à fonctionner avec une intervention humaine réduite.
La modernisation de l’armée nord-coréenne s’inscrit aussi dans le rapprochement spectaculaire engagé avec la Russie. Vladimir Poutine et Kim Jong-un ont signé en juin 2024 un traité de partenariat stratégique global prévoyant notamment une assistance militaire en cas d’agression armée contre l’un des deux pays.
Depuis, les relations militaires entre Moscou et Pyongyang se sont considérablement développées. La Corée du Nord a fourni à la Russie d’importantes quantités de munitions et, selon plusieurs sources occidentales, des missiles balistiques. Elle a également envoyé des milliers de soldats en Russie dans le cadre de la guerre contre l’Ukraine.
