Le Sahel tourne le dos à Alger : Le fiasco d’une diplomatie du muscle et du mépris

Le Sahel tourne le dos à Alger : Le fiasco d’une diplomatie du muscle et du mépris

Pendant que les médias officiels s’épuisent à célébrer de prétendus « succès historiques » à notre frontière sud, la réalité sur le terrain est cruelle : notre politique étrangère au Sahel est un champ de ruines. Le constat est sans appel pour le pouvoir d’Abdelmadjid Tebboune. Les récentes gesticulations — qu’il s’agisse de l’envoi d’un soutien armé au Niger ou des tentatives de réconciliation de façade avec Bamako — ne trompent plus personne. Derrière les sourires de circonstance, la rupture avec nos voisins sahéliens est profonde, et notre pays s’enfonce dans un isolement régional sans précédent.
Ce naufrage est le prix fort de décennies d’erreurs stratégiques et d’un paternalisme d’un autre âge. Le Mali et le Niger ne supportent plus l’attitude d’Alger, trop souvent perçue comme celle d’un « grand frère » donneur de leçons, prompt à s’ingérer dans les affaires intérieures sous couvert de médiation. À cette arrogance politique s’ajoute une tache indélébile que la censure officielle tente d’étouffer : la gestion policière et brutale de la crise migratoire. Les expulsions massives et inhumaines de ressortissants subsahariens, abandonnés en plein désert à nos frontières, ont suscité un vif ressentiment au sein des opinions publiques et des chancelleries du Sahel. On ne peut pas prétendre au leadership africain tout en traitant ses voisins avec une telle violence administrative.
Le grand paradoxe de ce fiasco s’illustre à Bamako. Si la junte malienne a consenti à rouvrir le dialogue avec Alger par pur pragmatisme sécuritaire, ses yeux restent résolument rivés sur Rabat. Malgré les pressions de notre diplomatie obsédée par sa rivalité avec le Maroc, le Mali maintient fermement son virage géopolitique vers le royaume chérifien. L’offre marocaine d’un accès à l’Atlantique et des partenariats économiques concrets séduisent bien plus les capitales sahéliennes que les injonctions autoritaires d’un régime algérien en panne de boussole. Voir nos voisins s’ancrer dans la sphère d’influence marocaine est un camouflet terrible pour Alger, qui réalise trop tard que l’influence ne s’impose pas par les muscles, mais se gagne par le respect mutuel.

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