Flambée des prix : l’État bloque les importations, le citoyen paie l’addition

Flambée des prix : l’État bloque les importations, le citoyen paie l’addition

Derrière les discours officiels imputant la flambée des prix et les pénuries à la seule « spéculation », la réalité du terrain impose un tout autre constat, plus structurel et alarmant. Le retour brutal de la banane au-dessus des 2 000 DA/kg en ce mois de septembre, couplé aux tensions chroniques sur le poulet, la pomme de terre ou le lait, sonne comme le désaveu d’une politique économique entièrement basée sur le rationnement administratif et la restriction des importations. En limitant drastiquement l’octroi des licences et en concentrant les quotas entre les mains d’une poignée d’opérateurs via le Programme Prévisionnel d’Importation, le gouvernement a lui-même créé les conditions de la rareté. Cette approche étatique, loin de protéger le consommateur, a instauré des monopoles de fait et une opacité dénoncée à demi-mot par les professionnels de la distribution, provoquant un déséquilibre mécanique entre une offre insuffisante et la demande pressante d’un marché de 48 millions d’habitants. Face à cette crise du pouvoir d’achat, la réponse des autorités publiques demeure obstinément policière. Les descentes théâtrales dans les chambres froides, les saisies et les sanctions contre 53 importateurs ciblés ne constituent que des palliatifs de court terme qui aggravent le mal au lieu de le guérir. En criminalisant l’ensemble de la chaîne logistique, l’État fait fuir les grossistes réguliers et tarit l’approvisionnement des étals par simple effet de panique. Alors que la promesse d’une autosuffisance agricole tarde à se concrétiser faute d’investissements structurels et de modernisation des filières locales, le verrouillage des frontières commerciales s’apparente à une asphyxie programmée du panier de la ménagère. La crise de la banane n’est pas le fait de quelques intermédiaires véreux, mais le symptôme d’une gestion bureaucratique déconnectée des lois élémentaires du marché, dont le citoyen algérien paie quotidiennement le prix fort.

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