L’Algérie brade-t-elle son gaz ? Les secrets du contrat d’approvisionnement liant Sonatrach à la société turque BOTAŞ
Une vive polémique agite l’opinion publique à la suite des révélations diffusées par des cercles de l’opposition algérienne, notamment par le cyber-activiste Amir Dz, concernant les conditions d’exportation du gaz naturel liquéfié (GNL) vers la Turquie. Selon ces sources, près de 90 % des exportations de GNL algérien pour le premier semestre de l’année 2026 auraient été accaparées par la compagnie nationale turque BOTAŞ, et ce, à un tarif représentant la moitié de sa valeur sur le marché mondial. Ce traitement de faveur, qualifié par les détracteurs du régime de concession politique majeure accordée par le président Abdelmadjid Tebboune à son homologue Recep Tayyip Erdoğan, interroge sur la transparence des transactions énergétiques du pays.
Les origines de cet accord commercial remontent à la visite officielle du président turc à Alger le 21 novembre 2023. Dès le lendemain, le 22 novembre 2023, une cérémonie officielle s’est tenue au siège de la présidence de la République pour sceller ce partenariat. Sous la direction de l’exécutif, l’ancien président-directeur général de Sonatrach, Rachid Hachichi, et le directeur exécutif de BOTAŞ, Abdulvahit Fidan, ont paraphé le renouvellement du contrat d’achat et de vente de GNL pour une durée de trois ans, garantissant la livraison annuelle de 4,4 milliards de mètres cubes de gaz à la Turquie. Si les autorités présentent ce contrat comme un succès commercial stratégique assurant des débouchés stables, l’opposition y voit une soumission économique aux intérêts d’Ankara, facilitée par la proximité idéologique et politique entre le pouvoir algérien et les réseaux d’influence basés entre la Turquie et le Qatar.
