Pétrole : l’offre se redresse au Moyen-Orient, le Brent repasse sous les 100 dollars
Les cours du pétrole ont reculé de près de 2% mardi, sous l’effet d’un redressement des flux d’exportation depuis le Moyen-Orient et de l’annonce par les pays du G7 d’une mobilisation de leurs réserves stratégiques. Ces deux éléments ont contribué à apaiser les craintes concernant l’approvisionnement mondial et à ramener le Brent sous la barre des 100 dollars.
À 14h30 GMT, le Brent cédait 1,84 dollar, soit 1,8%, à 98,48 dollars le baril. Le WTI reculait de 1,42 dollar, soit 1,6%, à 88,01 dollars. Si cette tendance se maintenait à la clôture, le Brent enregistrerait son plus faible niveau de clôture depuis le 8 septembre, tandis que le brut américain atteindrait son niveau le plus bas depuis le 31 août.
Le marché réagit principalement à l’amélioration des perspectives d’approvisionnement. Selon le directeur général du négociant Vitol, environ 12 millions de barils de brut par jour, auxquels s’ajoutent près de 2 millions de barils quotidiens de produits raffinés, ont quitté le Moyen-Orient à bord de pétroliers au cours des sept à dix derniers jours.
Ces volumes ont permis de réduire la pression qui s’était exercée sur les prix ces dernières semaines. La crainte d’une interruption durable des exportations avait en effet alimenté une importante prime de risque, poussant temporairement le Brent au-dessus des 100 dollars.
L’évolution des exportations saoudiennes contribue également à rassurer les opérateurs. Le ministre de l’Énergie, le prince Abdulaziz ben Salmane, a indiqué que 5,8 millions de barils avaient été acheminés mardi matin par l’oléoduc Est-Ouest vers Yanbu, sur la mer Rouge.
Cette progression des volumes confirme la capacité de l’Arabie saoudite à maintenir ses principaux circuits d’exportation malgré les tensions régionales. Elle réduit ainsi, à court terme, la perspective d’un déficit brutal d’offre susceptible de provoquer une nouvelle envolée des cours.
Les risques géopolitiques restent toutefois élevés. Les marchés surveillent notamment l’évolution des tensions entre Riyad et les Houthis yéménites soutenus par l’Iran.
Deux attaques ont visé lundi soir les aéroports de Jazan et de Najran, faisant trois blessés et causant des dégâts limités. Ces incidents interviennent alors que les forces gouvernementales yéménites soutenues par l’Arabie saoudite ont lancé une offensive contre les Houthis, après plusieurs semaines d’avancées des rebelles.
Toute nouvelle attaque contre des infrastructures énergétiques ou des voies d’exportation pourrait donc rapidement raviver les inquiétudes sur l’offre. Le marché conserve ainsi une importante prime de risque géopolitique, même si celle-ci s’est réduite avec la reprise des flux.
La décision du G7 de mobiliser ses réserves stratégiques constitue l’autre facteur de détente. Sous la pression du président américain Donald Trump, les membres du groupe ont convenu vendredi de libérer jusqu’à 100 millions de barils de pétrole brut et de diesel provenant de leurs stocks d’urgence.
Les pays du G7 se sont également engagés à éviter de nouvelles restrictions sur les exportations d’énergie. L’objectif est de rassurer les marchés en montrant que les principales économies disposent de réserves suffisantes pour amortir une éventuelle perturbation prolongée de l’offre.
L’Agence internationale de l’énergie doit se réunir la semaine prochaine afin de définir les conditions de cette mobilisation.
Aux États-Unis, les opérateurs attendent parallèlement les nouvelles données sur les stocks pétroliers. L’American Petroleum Institute doit publier mardi son estimation, avant les chiffres officiels de l’Energy Information Administration mercredi.
Les analystes anticipent une hausse d’environ 1,8 million de barils des stocks américains de brut pour la semaine terminée le 2 octobre. Si elle se confirme, il s’agirait d’une troisième progression hebdomadaire consécutive, ce qui pourrait accentuer la pression baissière sur les cours.
L’OPEP+ face à une équation plus complexe
Le recul du pétrole intervient alors que l’OPEP+ doit continuer à arbitrer entre la défense des prix, la préservation des recettes de ses membres et la nécessité de maintenir un équilibre entre l’offre et la demande.
La question des capacités de production constitue désormais un enjeu central. Les évaluations destinées à établir les futures références de production doivent encore se poursuivre, avec des conséquences directes sur la marge de manœuvre des différents producteurs au sein de l’alliance.
Pour les producteurs de l’OPEP+, et particulièrement pour l’Algérie, la question ne sera donc pas seulement de savoir jusqu’où les cours peuvent reculer, mais aussi combien de temps cette amélioration de l’offre pourra se maintenir.
