Entre les élections des généraux autoritaires et les élections des pays voisins

Entre les élections des généraux autoritaires et les élections des pays voisins

Les peuples, dans la pratique démocratique reconnue mondialement, se dirigent vers les urnes pour construire une nouvelle vision et faire circuler le pouvoir. Ainsi, les élections législatives dans les pays civilisés constituent un tournant décisif qui change le chef du gouvernement et ses ministres, redessine les politiques économiques et sociales du pays et brise la stagnation des orientations générales. En revanche, dans notre patrie occupée, saturée de paradoxes et d’anecdotes étranges, les élections semblent n’avoir qu’une fonction cérémoniale, comparable aux festivals saisonniers du raï, où résonnent les mélodies du « waï‑waï » médiatique de la « démocratie » et de la crédibilité, et où le « bon sens » du dirigeant Abdelmadjid Tebboune règne tandis que la carte administrative et politique du pays reste figée, les postes de pouvoir solidement ancrés au nom du président Tebboune et de son groupe de généraux, jusqu’au jour où Dieu héritera de la terre et de tout ce qu’elle porte…
La comparaison entre l’expérience électorale « démocratique » des pays voisins et ce qui se passe chez nous sous le règne des militaires met en évidence l’immense fossé qui nous sépare. Dans les pays voisins, les urnes produisent plusieurs transformations structurelles qui touchent les plus hautes sphères du pouvoir exécutif, alors que nos revendications locales peinent à engendrer le moindre changement au bas de la pyramide administrative, même au niveau de la direction d’une circonscription ou d’une wilaya isolée. La démocratie de façade se manifeste ainsi dans la scène politique à travers des manifestations récurrentes et répugnantes, la fixation sur le poste de la présidence et du pouvoir, et la monopolisation du peuple qui considère le poste comme un bien personnel ou un héritage familial à transmettre aux générations futures, depuis le vieux président Tebboune, le bouffon des généraux, jusqu’à son fils indiscipliné, baron de la drogue et des réseaux de prostitution. La gestion des affaires publiques par les autorités responsables se transforme alors d’un service aux populations affamées en un moyen de rassembler des richesses et d’exploiter le pouvoir et l’influence pour faire passer des lois répressives qui restreignent les droits et les besoins des citoyens, tout en offrant d’immenses perspectives aux généraux et à leurs enfants pour s’emparer de ce qui reste de l’Algérie meurtrie. S’appuyer sur des slogans éclatants et une propagande superficielle pour préserver l’image officielle, masquer le déficit de développement et étouffer le mouvement des insurgés constitue une vieille stratégie militaire, déjà consumée par le temps, dont la vérité et les faits du terrain ne peuvent être dissimulés par le mensonge ou la désinformation médiatique. La véritable mesure de l’activité des institutions nationales se juge à leur capacité à répondre aux aspirations des citoyens et à appliquer le principe constitutionnel liant responsabilité et reddition de comptes, loin des rituels électoraux dénués de contenu. La réforme du système politique et administratif de la République reste conditionnée à la transition de la forme à l’essence, du mental militaire au mental civil, car la mise en œuvre d’une vraie démocratie requiert l’ancrage d’un État de droit où tous les postes, sans exception, sont soumis à l’évaluation, à la rotation, à une comptabilité stricte et à des inspections inopinées, afin que l’urne devienne un véritable instrument de changement et de contrôle populaire, et non simplement une occasion de renouveler la légitimité du président Tebboune et de son groupe sans modifier les performances des responsables ni l’orientation des politiques du pays, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *