Le marché pétrolier repart à la hausse, les tensions s’accentuent au Moyen-Orient
Les cours du pétrole ont fortement progressé jeudi 8 octobre, portés par les craintes d’une nouvelle escalade militaire au Moyen-Orient. Les menaces américaines d’une reprise des opérations militaires contre l’Iran ravivent les inquiétudes sur l’approvisionnement mondial, déjà fragilisé par les tensions autour du détroit d’Ormuz et les perturbations de la production américaine.
Le Brent, référence mondiale, a dépassé les 105,20 dollars le baril en début d’après-midi en Europe, tandis que le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, gagnait 5,1 %, à environ 92,75 dollars.
Cette remontée intervient alors que le Pentagone aurait demandé au Commandement central américain (Centcom) de finaliser les préparatifs en vue d’une éventuelle reprise des « grandes opérations de combat » contre l’Iran, selon des informations rapportées par des médias américains, citant des responsables de l’administration. Aucune date n’a toutefois été arrêtée pour une éventuelle offensive. Parmi les cibles envisagées figureraient des installations énergétiques, des infrastructures stratégiques et des sites nucléaires iraniens.
Un responsable israélien cité par le média Axios a estimé que la probabilité d’une attaque avant les élections américaines de mi-mandat, prévues le mois prochain, demeurait faible, sans pour autant exclure cette éventualité.
La perspective d’une nouvelle confrontation militaire accentue ainsi la prime de risque géopolitique intégrée aux cours du brut. Washington et Téhéran n’ont toujours pas conclu d’accord pour mettre fin à la guerre déclenchée en février, tandis que les tensions autour du détroit d’Ormuz continuent de faire peser une menace sur les flux pétroliers. Toute perturbation prolongée de cette voie maritime stratégique pourrait entraîner de nouvelles tensions sur les prix et compliquer l’approvisionnement des marchés internationaux.
Les inquiétudes concernant l’offre mondiale s’étaient pourtant atténuées en début de semaine. Des signes de reprise des exportations pétrolières du Moyen-Orient vers leurs niveaux d’avant-guerre, hors Iran, avaient contribué à détendre le marché. Dans le même temps, les pays du G7 ont décidé d’accélérer la mise à disposition de leurs stocks stratégiques afin de limiter les tensions sur les approvisionnements.
Mercredi, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a indiqué que ses membres soutenaient l’accélération de ces livraisons, en privilégiant notamment le diesel lorsque cela était possible. Cette mesure vise à atténuer les difficultés d’approvisionnement, sans pour autant dissiper les incertitudes liées à l’évolution du conflit et aux risques pesant sur les infrastructures énergétiques de la région.
À ces tensions géopolitiques s’ajoutent les perturbations de la production américaine. Plus de 500 000 barils par jour auraient été mis à l’arrêt dans le golfe du Mexique à l’approche de l’ouragan Isaias. Cette interruption renforce les inquiétudes sur la disponibilité du brut et ajoute un facteur de volatilité à un marché soumis à des risques simultanés sur plusieurs fronts.
Entre les menaces d’une reprise des hostilités contre l’Iran, les incertitudes autour du détroit d’Ormuz et les perturbations de la production américaine, les cours restent ainsi particulièrement sensibles à l’évolution de la situation géopolitique. La reprise des exportations et le recours aux stocks stratégiques constituent des facteurs d’atténuation, mais ne suffisent pas à écarter le risque d’une nouvelle flambée des prix.
